Des chercheurs, des activistes ainsi que plusieurs représentants de structures d’institutions et de la société civile se sont réunis à Dakar pour discuter des opportunités et les défis des politiques migratoires internes. Ainsi, une étude a été réalisée pour mettre en lumière les réalités des migrants et réfugiés résidants à Dakar. 57% des migrants vivent à Dakar et viennent de la sous-région ouest africaine.
Une étude de recherche menée par le Centre sur la Migration Mixte (MMC) et soutenue par la Fondation Heinrich Böll offre un éclairage essentiel sur les conditions socio-économiques des réfugiés et des migrants à Dakar. Dans un communiqué qui nous parvenu, les résultats de l’étude montrent que le Sénégal plus précisément Dakar, est un véritable centre névralgique pour les migrants de la région. « 57 % se concentrent dans la capitale. Il s’agit principalement de migrations en provenance des pays de la sous-région ouest-africaine, caractérisées par une population jeune et bien éduquée», indique-t-elle. L‘étude souligne que de nombreux migrants voient en Dakar une ville offrant de nombreuses opportunités. « La capitale est souvent un point de départ, de destination, de transit et de retour pour les migrants et les réfugiés en raison de sa stabilité politique, de sa sécurité, de ses opportunités d’emploi, d’éducation et de soins de santé », souligne l’étude, qui par ailleurs affirme que les résultats de l’étude indiquent que Dakar présente un faible niveau de risque pour les migrants et les réfugiés, qui ne font pas l’objet de discriminations dans leur accès aux services et aux structures. « Les femmes migrantes font partie des groupes les plus vulnérables et sont exposées à des risques de violences sexuelles ».
« Absence de politique migratoire développé au Sénégal »
À en croire l’étude, les interactions avec les autorités restent généralement limitées. « Plutôt que de s’appuyer sur les structures étatiques, les migrants et les réfugiés à Dakar dépendent principalement de la société civile pour obtenir du soutien en cas d’urgence. Cette situation découle en grande partie de l’absence de politiques migratoires développées au Sénégal ». À l’issue de la présentation des résultats de l’étude, des recommandations fortes ont été faites à l’Etat du Sénégal. L’une des principales recommandations de l’étude porte sur la nécessité d’adopter une politique migratoire claire et inclusive, mettant davantage l’accent sur la protection et l’assistance aux migrant.es. « Il faut renforcer l’appel des organisations civiles en faveur d’une révision de la stratégie migratoire nationale ». En effet, depuis 2021, un cadre composé d’une trentaine d’organisations civiles plaide en ce sens. « Ce cadre propose plusieurs points d’intervention pour formuler une politique migratoire du Sénégal. Concrètement, il s’engage à mettre en œuvre une véritable politique migratoire qui renforce les liens intrinsèques entre migration et développement au Sénégal», prône-t-elle. L’étude montre qu’à Dakar en particulier, le lien entre migration et développement est très visible, « car les migrants contribuent souvent à l’économie locale en ouvrant des commerces et en apportant une richesse culturelle importante à la ville. Dans cette optique, les autorités sénégalaises auraient tout à gagner en mettant en avant le rôle de l’immigration dans le développement du pays, en accordant une attention particulière à la protection des migrants, surtout lorsqu’ils se trouvent en situation de vulnérabilité ».
Mame Diarra DIENG












