Notre pays célébrera, ce mardi 4 avril, ses soixante-trois ans d’indépendance. Depuis six décennies, ce pays s’offre à la Communauté internationale comme un laboratoire du vivre-ensemble, un berceau de l’unité dans la diversité, un symbole fort d’un développement harmonieux avec les moyens du bord. Le Sénégal bashing est un jeu qui ne pourrait jamais être compris, car notre pays a tellement de promesses, un potentiel à fructifier et une voie à montrer sur un continent qui a trop longtemps été pris pour le laissé-pour-compte de la grande famille humaine.
Ce pays a su, par la rigueur de ses pères fondateurs, bâtir une Administration rigoureuse et un service dévoué à une République laïque, garante des droits de tous. Le leadership politique a su en tout temps, face à tous les défis et crises, prendre les décisions embrassant l’intérêt général, sauvant les intérêts des générations à venir et gardant intact le pacte national. Le Sénégal a su offrir une liberté de culte à tous ses enfants, permettant à toutes les voies dans lesquelles les hommes pourraient trouver un chemin vers la félicité de se faire entendre. Une école publique a pu tout le temps accorder des chances de départ similaires à des enfants de toutes les contrées et de toutes ascendances sociales. Toutes les générations de grands cadres de ce pays ont fini de faire la fierté de notre modèle d’enseignement public, bien que tous les démons de l’autodestruction se présentent à lui.
Ce pays a su s’adosser à des Forces de défense et de sécurité loyales à la République, conscientes de leur rôle de vigies d’un ordre commun, protectrices de l’intégrité totale de tout un territoire national. Celles-ci se sont inculqué un culte du service sincère que rien ne saurait tromper. Elles sont la balise lucide alliant la mission régalienne et le sens patriotique pour servir un idéal. Elles sont une base solide de la stabilité et un rempart qui dissuade toute aventure funeste de faire du chaos une voie d’accession à un quelconque trône.
J’ai eu la chance à l’université d’être encadré par l’historien et sociologue Gérard Bouchard dans des études de nations et nationalismes. Le professeur Bouchard, qui avait eu à présider, avec le philosophe Charles Taylor, la Commission du Canada sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles communément appelées accommodements raisonnables, avait une approche particulièrement originale, indulgente et conciliante quant à l’évolution des pays et la construction du sentiment national. Il disait que le temps et la conciliation constructive sont les meilleurs alliés d’une Nation. Je ne cessais de voir dans les lectures et travaux qu’il nous prodiguait, l’image du Sénégal comme jeune Nation qui réussissait, malgré son frêle âge dans le vécu d’une Nation, à rendre son vivre-ensemble cohérent. Faire cohabiter, organiser un vivre-ensemble et tenir un ordre entre des communautés nationales sont des choses très complexes que notre pays sait faire, peut-être par providence. A voir comment le Sénégal évolue depuis tant d’années dans la consolidation de sa marche comme entité nationale, en mesure d’offrir le meilleur des contrats sociaux à ses populations, on peut dire que les tenants du pays qui se sont passé le témoin, ont eu comme idéal de toujours protéger jalousement ce qui fait l’essence de cette terre : l’union dans la diversité.
Les soixante-trois ans que s’apprête à célébrer le Sénégal doivent être vus comme un fort rappel du chemin parcouru et de l’immensité du défi qu’il y a de protéger la République, de protéger notre vivre-ensemble, de garantir les voies et moyens d’une inclusion de tous, de respecter du mieux toutes les règles de notre pacte social. Une ère patiente d’une construction nationale a pu se bâtir en six décennies. Une nouvelle ère faite de promesses d’une prospérité partagée et d’un accomplissement d’un plein potentiel s’annonce à nous.
Les ressources de notre sous-sol en hydrocarbures, qui finiront de nous faire un pays qui comptera par ses richesses naturelles, après avoir épaté le monde par sa richesse humaine et le talent de ses enfants, sont le début d’une nouvelle aube. L’expertise sénégalaise est saluée partout dans le monde, avec des cadres qui ont eu à porter notre drapeau tout haut. Les dernières orientations dans les politiques publiques ces récentes années, pour prôner l’équité territoriale et la plus grande inclusivité, sont aussi des gages rassurants sur l’agenda social et humain de notre pays, qui s’impose à nous tous. A nous de nous montrer dignes d’être les fils de cette terre pour léguer aux générations à venir un bel eldorado.
Au meilleur des pays. Pour toutes ses joies et peines. A sa beauté et à ses charmes. Pour ses héros, ses contradictions, son inconstance, ses savoirs. A son Armée, à la gloire de ses armes. Pour ses gens, à leur diversité, à leur brassage, à leur humanité. Bonne fête chers compatriotes. Cette histoire nationale est la nôtre, nous crierons au souffle fort notre fierté d’appartenir à ce si grand Peuple, partout.











