Religion

Abdoul Aziz Kébé : « l’islam ne peut se résumer à des actes de prière »

La prière est le symbole que la religion marche sur ses deux pieds en même temps qu’elle constitue une invitation à l’action, a indiqué l’islamologue Abdoul Aziz Kébé, soulignant la nécessité d’un changement de paradigme visant à montrer que l’islam ne se résume pas seulement à des actes d’adoration.

Dans un entretien avec l’APS, Abdoul Aziz Kébé a insisté sur la nécessité d’un changement de paradigme dans une perspective visant à montrer que l’islam « n’est pas seulement des ibaadaat (actes d’adoration), mais une civilisation apte à procurer des solutions adaptables aux besoins du monde actuel, lequel fait face à d’énormes défis économiques et environnementaux ».

« Dans la prière, quand on dit Allahouma (ô Seigneur), on invoque Allah et exprime des vœux. C’est comme si nous essayons de dire à Allah que nous sommes sur le chemin et cherchons son assistance. Donc la prière, c’est déjà une invitation à agir », a dit l’universitaire, par ailleurs délégué général au pèlerinage aux lieux saints de l’islam.

« Il y a peut-être une impression que les autorités religieuses n’ont pas fait de proposition à ce niveau mais je pense qu’il faut revoir cette impression », dit le chercheur.

Selon Abdoul Aziz Kébé, le guide religieux joue un rôle d’orientation par lequel il amène le fidèle à prendre conscience de ses capacités et à exploiter ses talents sur le champ social notamment.

« Cette action est d’autant plus nécessaire que le succès dans la vie ici-bas et dans l’au-delà ne pourrait se réaliser sans une autonomie de l’homme », a fait valoir l’islamologue.

Cette autonomie devant permettre à l’homme de vivre à la sueur de son front renvoie aussi à l’idée que « la dignité est consubstantielle à l’homme’’, comme enseigné dans le Coran, poursuit-t-il.

Mieux, dans le livre saint de l’islam, « le fait que le terme Imane (crainte révérencielle) s’accompagne très souvent du mot amal (action) montre à bien des égards que la prière n’est pas seulement une question de génuflexion et de prosternation », insiste le professeur Kébé.

D’après Abdoul Aziz Kébé, il est du ressort des autorités religieuses d’inviter les gens à comprendre ce qui est en eux-mêmes comme une chose pouvant les propulser et les amener à investir dans tous les domaines de la société.

Entre autres figures musulmanes qui se sont distinguées dans l’entreprenariat et l’investissement social au Sénégal, il a donné l’exemple de Cheikh Mbacké Gaindé Fatma, Serigne Mamoune Niass et Serigne Cheikh Tidiane Sy.

Ce dernier, a-t-il ajouté, au-delà de ses conférences publiques très courues, a été un grand industriel et un homme d’affaires prospère reconnu, qui a fait bouger beaucoup de repères.

« Il existe toujours des exemples que nous pouvons donner pour montrer que les autorités religieuses n’ont pas été que des dogmatiques qui se calfeutrent sur les tapis de prière, implorant Allah par le verbe », relève le délégué général au pèlerinage aux lieux saints de l’islam.

« Il nous revient de comprendre que la prière est une invitation à l’action », a-t-il insisté.

APS

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