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Affaire des « licenciés pour avoir prié sur leur lieu de travail » : Le tribunal donne raison au directeur de la pharmacie

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L’affaire des docteurs Dame Dia et Khadim Dioum qui accusent le Directeur de la pharmacie Guiguon de les avoir licenciés pour avoir prié dans leur lieu de travail a été jugée, avant-hier mercredi 13 janvier. Le tribunal correctionnel a débouté les deux pharmaciens.

«Deux employés de la pharmacie Guigon licenciés pour avoir prié dans leur lieu de travail». L’affaire qui avait soulevé un tollé en son temps et valu au Directeur de la pharmacie des poursuites pour entrave à la liberté de culte et voies de faits a été jugée hier. Dans sa décision, la troisième chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Dakar a blanchi Bernard Henry Guigon. Les docteurs Dame Dia et Khadim Dioum qui réclamaient le franc symbolique ont été déboutés.
Le dossier avait été plaidé, le 23 décembre dernier. Lors du procès, Bernard Henry Guigon, le seul à comparaître s’était dit touché par les allégations non fondées qui lui sont reprochées. «J’ai été très choqué. Ils ont dit que j’ai licencié deux pharmaciens pour avoir prié alors que ce n’est pas le cas », avait déclaré le prévenu. Avant d’ajouter que les plaignants, les docteurs Dame Dia et Khadim Dioum, ont été licenciés «pour manquements répétés conformément aux règles d’organisation de la pharmacie et pour mise en danger de la vie des usagers». «On est dans une pharmacie où l’on vend des médicaments et non des tissus ou des sacs. La règle absolue au comptoir, c’est la présence de tout le service durant tout le service», avait déclaré M. Guigon. Par conséquent, Dr Dia et Dr Dioum ont été licenciés pour avoir quitté le comptoir pour des motifs personnels. Lorsque le président Amath Sy lui avait demandé ce qu’il appelait motifs personnels, il avait rétorqué : «C’est tout ce qui est en dehors du service. C’est-à-dire quitter son comptoir au moment du service. Ça peut être aller aux vestiaires». «Est-ce qu’on ne peut pas y inclure la prière ?», avait relancé le juge. «Je n’ai pas de problème avec la prière, moi-même je suis croyant. Et je respecte toutes les croyances. Ce qui m’étonne, c’est cette peinture qu’on a faite de moi », avait-il répondu, en indiquant qu’il n’a jamais été interdit aux agents de prier à l’intérieur ou à l’extérieur de la pharmacie. Mes Massokhna Kane et Soulèye Mbaye, conseils des plaignants, avaient demandé au tribunal d’infliger une peine exemplaire au prévenu, pour son «intolérance religieuse ».

Me Pascal Gomis avait plaidé la relaxe. Selon Me Papa Laïty Ndiaye «ce procès est une erreur sociologique puisque dans cette affaire, ce qui est en cause, ce n’est pas la prière, mais l’abandon de poste car aucun texte n’ordonne la suspension du travail pour la prière». Le tribunal a donné raison à la défense.

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