La visite des stations de Sangalkam et Bud Sénégal, dans le cadre du programme-pilote sur le blé, a permis au ministre de l’Agriculture, de l’équipement rural et de la souveraineté alimentaire, Aly Ngouille Ndiaye, et sa délégation de constater les avancées dudit programme sur les sites. Mis en terre le 11 janvier, le blé se raffermit au fil des jours et promet des lendemains meilleurs pour le pays. Tout heureux des résultats avant même le terme de la phase d’expérimentation, le Maersa se positionne déjà sur 5000 hectares à emblaver dans le cadre du démarrage effectif en novembre 2024.
Par Alioune Badara NDIAYE(Correspondant ) – Les signaux sont au vert pour l’expérimentation en cours de la culture du blé au Sénégal. Le Ministre de l’agriculture, de l’équipement rural et de la souveraineté alimentaire (Maersa), qui a procédé samedi à la visite des deux champs implantés dans la région de Dakar, s’est dit optimiste quant à ce projet, suite au constat sur le terrain. «Ce que nous avons vu ici nous encourage, cela montre qu’avec le type de sol que nous avons, nous pouvons faire du blé. Et, j’ai le sentiment, en attendant peut-être que les tests nous le prouvent, que nous aurons des rendements de loin supérieurs à ceux dans les fiches qui nous ont été données par nos partenaires égyptiens et également ce qu’on a l’habitude de voir ici au Sénégal», a indiqué Aly Ngouille Ndiaye, après l’étape finale à Bud Sénégal (Diamniadio). Le convoi a démarré au domaine de l’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra) à Sangalkam. A cette station où l’irrigation s’est faite par l’aspersion, trois variétés égyptiennes et un témoin local ont été semés le 11 janvier, comme dans les autres champs et sur 1 hectare. La même superficie et les mêmes variétés ont été mises à profit à Bud Sénégal où le mode d’irrigation a été le goutte-à-goutte. Outre ces deux champs, trois autres sont dans le Nord du pays. «Nous avions quatre variétés de blé composées de trois variétés de blé tendre et une variété de blé dur. Egalement, sur les champs d’expérimentation, nous avons trois fois 0,25 ha de semences de blé venant d’Egypte et également 0,25 d’une variété homologuée au Sénégal. Et vraiment, les champs ont donné de bonnes attentes. Ils ont expérimenté différents types de sols et différents types d’irrigation et également de types de fertilisation», a insisté le Maersa, revenant sur la méthode d’expérimentation qui s’est voulue la plus complète possible. Aly Ngouille Ndiaye a particulièrement salué les performances notées sur la variété locale, une des huit homologuées par l’Isra. «Nous avons déjà remarqué que la variété homologuée au Sénégal est déjà arrivée à maturité et qu’on doit commencer à récolter lundi. Cela veut dire qu’ici on a un potentiel important, donc je pense qu’on pourra dès novembre augmenter les superficies», a-t-il relevé. «Nous pensons déjà à commencer avec 1000 hectares, mais des partenaires privés nous disent qu’il faut aller vers 5000 hectares ; de toutes les façons, nous allons accompagner», a-t-il enchaîné. «Nous avons de bonnes perspectives devant nous. Nous devons investir, nous devons travailler. Il ne faut pas se leurrer, il n’y a pas de secret, nous devons beaucoup travailler. Et si nous travaillons, nous aurons les résultats», a insisté le Maersa.
Dans le cadre de sa stratégie alimentaire, le Sénégal a fait du blé une spéculation à investir, afin de limiter la forte dépendance à l’extérieur de ce produit. Il s’agira donc pour le pays de produire pour, dans un avenir proche, réduire considérablement les importations de blé, avoisinant les 700 mille tonnes annuellement selon des chiffres officiels de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd). La guerre russo-ukrainiennne, source de tensions graves sur le blé, a été l’élément déclencheur de cette politique de production locale.
abndiaye@lequotidien.sn












