Khalifa Sall, Idrissa Seck et Ousmane Sonko ont adressé des messages au Peuple sénégalais. Après avoir félicité les Forces de défense et de sécurité, chacun a profité de cette célébration pour se positionner. Si Ousmane Sonko, nationaliste de circonstance, a voulu changer l’appellation «Fête de l’indépendance, Khalifa Sall, qui se veut avant-gardiste, a alerté sur les risques qu’encourt le pays. Pour sa part, Idrissa Seck avait tracé sa feuille de route présidentielle avant de retirer sa déclaration de toutes ses plateformes. Fait-il durer le suspense ?
Par Malick GAYE – Khalifa alerte sur la trajectoire du pays
«La République demeure. Les hommes passent, mais ses piliers résistent au temps et puisent leur vigueur dans l’effort conjugué des générations successives à consolider ses acquis. Hélas ! Notre pays traverse des moments sombres qui, si l’on n’y prend garde, risquent de nous plonger dans l’abîme. Nous sommes en face d’un pouvoir qui favorise des destinées individuelles au détriment du destin national. Un pouvoir qui assume son funeste dessein de «réduire l’opposition à sa plus simple expression», élimine ses adversaires à coup de condamnations iniques, emprisonne à tour de bras et s’acharne sur ceux qui ne pensent pas comme lui. Ces dérives liberticides se heurteront à notre ferme volonté à vivre dans un pays démocratique et apaisé. Ce n’est pas une faiblesse que de reconnaître ses erreurs, c’est un premier pas vers la rédemption.»
Sonko souhaite changer le nom de la Fête de l’indépendance
«Les dates peuvent également correspondre à d’autres évènements, comme pour la France dont la Fête nationale, fixée au 14 juillet, est généralement associée à la prise de la Bastille de 1789, même si dans les faits, c’est le 14 juillet 1790, la Fête de la Fédération, qui est officiellement commémoré. La libération y est fêtée le 8 mai, correspondant au 8 mai 1945, date de signature de la capitulation allemande, et le 19 août commémorant la libération de Paris, le 19 août 1944. Les nations peuvent fixer des termes évènementiels pour se célébrer, communier et se ressourcer, mais, s’agissant de la nôtre, le terme indépendance est devenu désuet, 63 ans après notre accession à la souveraineté internationale, tant il ne renvoie plus à quoi que ce soit de grand ou de valorisant. C’est pourquoi nous pensons que la Fête de l’indépendance devrait plutôt s’appeler «Fête nationale». De même, le boulevard sur lequel elle se déroule devrait être débaptisé et rebaptisé Boulevard de la Nation ou porter le nom d’une de nos grandes figures. Nos rues doivent s’identifier à nos héros ou à notre Patrimoine national.»
mgaye@lequotidien.sn












