Quinze minutes après l’atterrissage dans cette grande piste, notre avion finit son taxi et se gare. C’est une libération pour les passagers et nous, enfin les portes sont desarmées pour commencer le débarquement. Nous sommes à l’Aéroport international Schiphol d’Amsterdam. La température extérieure est de 12 degrés Celsius. Je n’ai cessé tout au long du vol, d’avoir au coin de l’esprit que j’ai manqué un rendez-vous la semaine dernière avec mes lecteurs. Le poids de la vie peut parfois s’imposer à nous ! Juste après les formalités de la police des frontières, nous entamons une longue marche vers notre hôtel. L’aéroport Schiphol est en lui-même une ville vivante. On aperçoit plein de boutiques et de commerces. Tout au long de notre trajet à pied, on passe devant un grand supermarché, des cafés qui servent, entre autres casse-croûtes, les fameuses gaufres hollandaises au caramel et à la cannelle. L’odeur de ces gaufres parfume les allées piétonnes de l’aéroport alors que je viens de démarrer ma journée de jeûne. En plein Ramadan, je me disais que si des cousins à plaisanterie devaient s’en prendre à moi, il ne me resterait que de voiles pour me couvrir ou même prier. Ma journée ne fait que commencer, mais je rêve déjà du coucher du soleil.
Je m’attarde sur l’aéroport Schipol car son organisation et son fonctionnement m’émerveillent. Cet aéroport est doté d’une grande gare qui relie convenablement les passagers à leur destination finale sans pour autant se ruiner dans les taxis. La semaine passée, à l’Aaéroport international Blaise Diagne, j’ai noté la construction d’un pont presque terminée. J’espère que cela est pour le Train express régional (Ter) dont la deuxième phase doit rallier Dakar à l’Aibd. A voir comment le transport en taxi est prohibitif à cause des coûts exorbitants à la sortie de l’aéroport de Dakar, il faut obligatoirement qu’une offre de transport de masse supplémentaire soit disponible aux voyageurs. Ne dit-on pas que le transport de masse est un facteur important du développement ? Sur ce point, je peux dire, dans le cadre de mes pérégrinations, que le Sénégal est sur la bonne voie. A peu près cinq euros sont déboursés pour un aller simple à partir de l’aéroport Schipol pour se rendre à la Gare centrale d’Amsterdam. Ce trajet prend 15 à 20 minutes, donnant l’idée d’une ville pas très grande. Tout se fait presque à pied ou à vélo pour les plus aventureux. Les routes sont divisées en trois, celle des piétons, une piste cyclable et la voie dédiée aux automobilistes. Le système est tellement bien organisé qu’on se surprend à contempler le trafic. Comme dans chaque ville que j’ai la chance de visiter, je démarre une promenade pour me mettre au contact du pays réel. Je commence par la gare centrale, tout au long des canaux pittoresques qui mènent vers le Red light district (quartier rouge). C’est une zone où les jeûneurs ne devraient pas s’attarder. On voyage pour décoder les chocs culturels dans le respect total de l’alterité, en tentant de comprendre les pratiques différentes des nôtres. Les voyages, comme toute rencontre, sont des expériences humaines dont on sort ragaillardi ou nourri d’une vision plus ouverte du monde. Le rappeur sénégalais, Nix, avait une formule dans sa chanson Rimes de vie, pour dire que toute la jeunesse de notre pays veut s’aventurer au voyage et rêve d’horizons nouveaux, mais elle revient au bercail avec des pensées plus pâles tout en étant plus forte. Mes premières vacances européennes furent dans ce merveilleux pays, en camping-car. De Rotterdam dans la campagne en saison des fraises, en passant par Den Haag, à la fameuse cité de la Haye où se trouve la Cour internationale de Justice (Cij), et aussi sur l’île de Texel où j’ai appris à faire du vélo la toute première fois de ma vie, les Pays-Bas sont une terre qui sait charmer les visiteurs. C’est un pays diversifié où plusieurs communautés étrangères sont bien acceuillies et integrées. Une forte population arabe et turque, mais aussi celle de leur ancienne colonie, le Surinam, situé en Amerique du Sud dans les Caraibes, font de ce pays une Nation assez cosmopolite. Ouverte sur le monde, mais avec un fort enracinement. On voit bien que l’esprit des cités portuaires de ce pays et l’importance de la navigation maritime ont contribué à la nature accueillante de ce pays. J’ai pu visiter en fin d’après-midi le Musée biographique d’Anne Frank, qui relate le journal de sa vie d’adolescente juive de l’Allemagne sous l’occupation des Nazis, à son exil en Hollande. Cette visite était assez triste, mais pleine d’enseignements. Pour égayer la fin du séjour, j’ai atteri dans l’incontournable pâtisserie VanStapele, qui est une adresse indispensable pour tout touriste à Amsterdam. Ils font, sans exagérer, les meilleurs biscuits au chocolat noir. D’ailleurs, ces biscuits sont leur unique spécialité. Il y a toujours une queue à l’entrée, mais je vous promets, vous ne serez pas déçu. J’en ai fait mon ndogou.
Par YAN / lesvoyagesdeyan@lequotidien.sn












