La réception du pont de Marssassoum, long de 484 mètres, s’est effectuée cette semaine dans le cadre d’une tournée économique du Président Macky Sall dans la région de Sédhiou. Cet ouvrage, comme d’autres infrastructures de franchissement qui ont pu être réceptionnés ces dernières années, dont le pont de Farafenni sur le fleuve Gambie et le pont de Foundioungne sur le bras de mer du Saloum, ont une portée utilitaire qui n’est pas encore mesurée à sa juste valeur. Notre pays cherche partout où il y a enclavement et des obstacles à la circulation des personnes et des biens, pour rapprocher les points. L’idée poursuivie est d’offrir les voies et moyens de créer du lien entre populations et de connecter des terroirs en mettant sur pied des infrastructures qui, là où des obstacles naturels se trouvent, seront gages d’inclusion et promotrices d’une forme d’équité entre les territoires.
Un vaste programme est mis en œuvre depuis quelques années pour assurer un maillage du territoire sénégalais afin que tout le pays soit lié dans une continuité routière. Ce maillage obéit, dans le choix des itinéraires et à l’opportunité des projets d’infrastructures, à une identification des réseaux par les collectivités locales et pouvoirs publics, à la mobilité dans les zones majeures de concentrations humaines et d’activités économiques, ainsi qu’à la facilité d’intégration des infrastructures nouvelles au réseau routier national déjà existant. En érigeant des ponts, il est donc cherché à assurer une continuité routière entre des zones qui, dans un passé récent, étaient exclues et ostracisées. Le pont de Marssassoum permet désormais de relier Ziguinchor à Sédhiou par le nord-est, tout en évitant un détour de près de 50 kilomètres à tout automobiliste. A l’image du pont de Farafenni, qui permet désormais de traverser le fleuve Gambie en quelques minutes, les ponts érigés comblent un gap infrastructurel et réconcilient nos terroirs entre eux. Tout citoyen peut se lever, pointer une destination et trouver les moyens de la rallier.
Je tire beaucoup de plaisir à parler de l’importance et de la vitalité des infrastructures routières érigées dans certaines zones du pays. Le soulagement qu’on peut tirer en comparant les situations antérieures et celles d’aujourd’hui avec les réceptions de ces infrastructures, est inestimable pour un simple routier. Je ne saurais imaginer le baume au cœur des résidents de ces zones. Jeter la pierre aux pouvoirs publics est un sport national, mais il faut savoir rendre grâce quand ceux-ci, dans la conduite de leurs prérogatives, implémentent des politiques publiques qui changent le quotidien de milliers de gens et transforment même la face de régions entières.
Le désenclavement est bien une réalité au Sénégal et pour preuve, les ponts de Foundioungne, Farafenni et Marssassoum ont fini de réconcilier un pays avec lui-même. Les autres ouvrages de franchissement, qui verront jour à Baila et Diouloulou pour davantage fluidifier le corridor Banjul-Bignona, ou encore à Halwar, dans le département de Podor, apporteront aux populations de ces zones un soulagement quant à leur mobilité et à l’ouverture de leurs contrées à l’ensemble du pays. Le pont de Rosso renforcera davantage les échanges et la mobilité entre le Sénégal et la Mauritanie dont le commun avenir gazier impose une cohabitation cordiale.
L’annonce de la construction d’un pont à Temento, pour rattacher Goudomp et Sédhiou et désenclaver cette cité religieuse, revêt toute une symbolique en termes d’inclusion. Cette infrastructure permettra à plus de fidèles catholiques de se rendre au Pèlerinage annuel de Temento, en plus de relier deux pôles du Pakao : Bambali et Temento. Les ponts érigés dans notre arrière-pays sont des traits d’union entre nos populations. Ils sont des nœuds solides de notre unité nationale. Au-delà des infrastructures routières, il faut voir toute la variable cohésion et intégration que renferment ces ouvrages. Des infrastructures, qui renforcent l’appartenance nationale et assurent une certaine équité entre les terroirs, n’ont pas de prix.
Par Serigne Saliou DIAGNE / saliou.diagne@lequotidien.sn












