Avec l’Aéropostale et la distribution du courrier international, Antoine de Saint-Exupéry est le symbole de l’époque de la conquête du ciel par l’homme. Il survivra à neuf crashs d’avion et ne sera, d’après sa biographie, jamais là où il voudra être. Chaque fois, il tombera bien et se remettra sur ses pattes entre Toulouse et Dakar, pour transporter du courrier, ou entre New-York et les côtes françaises, pour de la reconnaissance photographique au profit d’une unité de la résistance chargée, lors de la Seconde guerre mondiale, de préparer le débarquement de Provence.
Saint-Exupéry est le héros non avoué du personnel des airs. Nous épousons, pour la plupart, tous les contours de sa vie, surtout le sacré destin des personnels navigants avec une vie sociale assez limitée. Auteur de Vol de nuit, Saint-Exupéry se voulait artiste, mais finira par devenir pilote et écrivain pour raconter, à travers le Petit Prince, un beau conte philosophique dont la légende ne finit pas de grandir. Quand on s’imagine que les avions, à leur création, étaient impopulaires et que le Général français Ferdinand Foch les voyait comme des jouets sans grande valeur militaire, on se dit aisément que l’innovation et les passionnés de celle-ci sont toujours incompris par leur temps. C’est dans la ville d’un des pères de l’aviation et d’un roi incompris que je débarque. Lyon, me voilà !
Ce fut à bord d’un vol de jour qu’on toucha le tarmac de l’Aéroport international Antoine de Saint-Exupéry de Lyon, à 13h 00 (heure locale). Je profite de l’atterrissage pour rendre hommage aux pilotes à chaque escale dans la Ville des Lumières, berceau du pilote de la Latécoère (future Aéropostale). C’est notre pèlerinage à nous.
Tout de suite après le débarquement de près de 340 passagers du Boeing 777-300, direction la Police des frontières et le carrousel à bagages, pour ensuite embarquer à bord de notre navette pour l’hôtel. La température extérieure était de 4 degrés Celsius, avec un ciel eclairé et trompeur. Un panneau d’indication de distance m’apprend la proximité entre Genève (Suisse) et Lyon. Seules les belles villes s’embrassent entre elles, pourrait-on penser. Vue du ciel, la ville de Lyon est quadrillée de longues rues droites, à gauche une rivière et à droite un fleuve bercent la terre des Gones. La nature semble avoir repris sa place en pleine ville et le spectacle donne à apprécier une urbanité cohabitant avec le beau qu’offre la nature. Lyon est une ville agréable où il fait bon de s’y promener, d’errer et de vadrouiller. A la fin de mon premier après-midi dans la ville, je sors pour une promenade dans le quartier Confluence, au bord de la rivière. Touristes et autochtones viennent s’y détendre et découvrir le patrimoine fluvial de la ville, ainsi que le plaisir de naviguer sur la Saône. C’est un vrai moment de détente qui a fini de faire beaucoup d’enthousiastes. Le Musée des Confluences, d’une architecture moderne, au beau milieu de la Saône, s’ajoute au décor du quartier. C’est un musée d’histoire, d’anthropologie et de civilisations que tout visiteur de Lyon doit voir une fois au moins. Le transport public étant facilement accessible aux touristes dans Lyon, je prends le bus pour me rendre dans le centre-ville, qui fait office de connexion avec le Vieux Lyon, quartier médieval de la ville, qui est resté intact jusqu’à nos jours. Il est situé au pied de la colline de Fourvière et reste un quartier essentiellement piétonnier. Je rêve du jour où des rues de Dakar seront essentiellement piétonnes ou que notre chère Place de l’Indépendance soit à certains jours ou à certaines heures, interdite au trafic automobile. On saisirait mieux l’âme de Dakar si ses piétons avaient des trottoirs ou des rues dans lesquels marcher librement, sans entrave. Le caractère piétonnier du Vieux Lyon y permet d’agréables balades. On ne peut bien sûr errer dans le Vieux Lyon sans visiter la basilique Notre-Dame-de-Fourvière, une magnifique achitecture dont la construction résulte d’une promesse faite en 1870 par les Lyonnais à leur archevêque : celle de construire sur une colline, une basilique dédiée à la Vierge Marie. Cette construction démarra en 1872 et se termina 12 ans plus tard. On ne peut traverser le Vieux Lyon sans avoir pris le funiculaire de Fourvière qui est programmé pour nous amener directement à la basilique. Après ma communion avec l’atmosphère sainte de la basilique, ma soirée se termine dans un petit restaurant familial. Cette étape me permet d’apprécier la nature familière, joviale et amicale de la ville de Lyon. Saint-Exupéry est le doux rêveur que nous chérissons tous dans l’aviation, il faut être dans sa ville pour comprendre tout ce qui a pu lui insuffler un tel courage aventurier et son altruisme sans égal.
Par YAN / lesvoyagesdeyan@lequotidien.sn











