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Conférence internationale sur la planification familiale : Questions sur l’atteinte de la couverture santé universelle

Différents officiels et orateurs à la tribune de la Conférence internationale sur la planification familiale (Cipf), ouverte lundi à Pattaya City en Thaïlande, ont souligné «l’importance et la place fondamentale» de la planification familiale dans l’atteinte des objectifs de développement durable des Nations unies. «La planification familiale est une partie fondamentale de la couverture sanitaire universelle», a dit le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé dans son mot d’ouverture, projeté devant près de 3500 délégués venus de 125 pays.

Pour le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, «la planification est une dimension-clé de plusieurs facteurs de développement dont de l’éducation, la santé, le bien-être, la sécurité alimentaire et même les changements climatiques». L’Oms apporte aussi un soutien technique à ces Etats et travaille également avec des communautés qui se trouvent dans des pays à faible revenu pour fournir des opportunités-clés de promotion de la planification familiale.
L’organisation mondiale croit ainsi que la conférence est l’occasion d’aborder les questions de la recherche sur la planification pour apporter plus d’évidences scientifiques sur la Pf en rapport avec les impacts positifs sur la santé maternelle et infantile, sur la réduction de la mortalité maternelle et infantile, mais également sur les retombées économiques et sociales. Pour la Directrice exécutive du Fonds des Nations unies pour la population, la conférence scientifique sur la planification familiale, avec la présence de médecins, de chercheurs, d’économistes, de sociologues, de religieux, entre autres, est «un moment de partager sur une question qui détermine aujourd’hui le développement». «La pandémie du Covid-19 a mis en évidence le fait que les sociétés en meilleure santé et plus résilientes, réagissent davantage efficacement aux urgences sanitaires et que les services de santé essentiels, y compris la planification familiale, doivent être accessibles en période de paix, de crise pour assurer la santé individuelle, communautaire et nationale», a souligné Dr Natalia Kenem.

En dépit d’une résilience de certains services de santé et des populations face au Covid-19, les conditions pandémiques ont exacerbé les inégalités sociales préexistantes dans l’accès et l’utilisation des services de Pf, a-t-elle souligné. Plus de 12 millions de femmes et de filles ont perdu l’accès aux services de planification familiale en raison des perturbations liées au Covid-19, entraînant 1,4 million de grossesses non désirées, selon l’Unfpa. Dr Nathalie Kanem a ainsi préconisé un partage de bonnes pratiques, une vulgarisation des résultats de la recherche pour aller vers une couverture santé universelle avec comme «levier la promotion de la Pf».

Donnant l’exemple de son pays qui a été choisi pour abriter la conférence puisque «modèle de bonnes ­pratiques», Dr Sathit Pilutecha, ministre de la Santé publique du Royaume de Thaïlande, a relevé que son pays avait mis en place cette politique depuis les années 1970. Les deux succès majeurs ont été la promotion des contraceptifs jusque dans les coins les plus reculés du pays et un taux de prévalence contraceptive qui est passé à 71% en 2019, a-t-il dit, relevant qu’une population en bonne santé est le fondement du développement. «Notre succès majeur c’est que la Thaïlande est arrivé à atteindre un objectif de réduire l’augmentation de sa population et le taux de fertilité de 6.1 à 1.5 avec la promotion des services reproductifs mis en place par le gouvernement avec une politique de planification familiale dans le cadre d’une couverture santé universelle», a ajouté Dr Sathit Pilutecha.

Pendant l’épidémie, de nouvelles approches ont été développées en Thaïlande pour l’accès à la planification familiale, selon le ministre de la Santé publique. Directeur du Comité de pilotage de la Cipf 2022 et de l’Ecole de santé publique Johns Hopkins Blommberg, José Oying Rimon II a souligné qu’un «autre monde est possible si on met la planification familiale au cœur de la couverture santé universelle».

La Fondation Bill et Melinda Gates et l’Institut de santé publique ont initié, depuis 2009 à Kampala en Ouganda, cette conférence mondiale sur la Pf avec les décideurs, les médecins, les chercheurs, les jeunes, les religieux, les leaders de communautés, les organisations de la Société civile, les médias pour échanger sur les connaissances, les résultats de la recherche, les bonnes pratiques, sur les innovations, la coopération entre réseaux sur ces questions. Organisée tous les deux ans, alternativement en Afrique et en Asie, la conférence n’avait pas été organisée depuis 2018 à cause de la crise sanitaire du Covid-19.
Aps

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