Le ministre de l’environnement et du développement durable Abdou Karim Sall fait face aux Haut Conseillers des Collectivités Territoriales. Une occasion pour les élus de s’indigner de la coupe abusive de bois dans plusieurs communes surtout dans le Sud du pays. C’est le Maire de la commune de Djibanar dans le Département de Goudomp, un département qui compte trois forêts classés qui a été le premier à s’exaspérer de cette question. Selon le maire, la forêt classée de Bafata, adossée à la frontière de la Guinée Bissau est menacée de disparition, agressée par des populations Bissau-guinéennes qui occupent en même temps les terres. « Notre frontière est poreuse. Nous avons deux agents des eaux et forêts sur une étendue de 7 communes. Il y a aussi un problème d’intégrité du territoire comme si le Sénégal n’est pas un pays autonome », a-t-il déclaré. Le ministre à la suite des hauts conseillers, a rassuré en indiquant qu’au moment où on met en place une agence de la reforestation et de la grande muraille verte (ARGMV), « il est hors de question de ne pas arrêter cette hémorragie que constitue cette agression sauvage de nos forêts », notera-t-il. Une collaboration multilatérale entre la Guinée Bissau, la Gambie et le Sénégal Le ministre de rappeler avoir rencontré par deux fois son homologue Gambien « et nous allons nous rencontrer avant la fin de l’année pour la mise en place d’un protocole », a-t-il aussi fait savoir. « Et j’ai aussi échangé avec mon homologue de la Guinée Bissau et attendons la mise en place de leur nouveau Gouvernement pour une collaboration multilatérale entre la Guinée Bissau, la Gambie et le Sénégal parce qu’il faut impérativement une synergie dans cette lutte ». Mais, précisera le ministre, « cela ne veut pas dire que nous allons sous-traiter la question de la coupe et du trafic de bois. La riposte doit s’organiser à partir de notre territoire national. » Sur le manque de moyen des équipes des eaux et forêts présentes sur le terrain, le ministre de noter cependant qu’ils abattent un travail remarquable sur le terrain. « Nous avons dressé 880 procès-verbaux depuis le début de l’année 2019. 124 personnes sont actuellement en prison pour des raisons de délits liés à cette coupe de bois. Le code forestier qui a été révisé nous permet d’avoir des coudées franches pour lutter contre ce fléau. Mais les régions Sud ne sont pas les seules affectées par cette situation, celle de Matam l’est aussi », fera t’il savoir…












