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Crise scolaire : La plateforme des organisations de la société civile interpelle l’Etat…

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En conférence de presse, hier, à Dakar, les responsables de la plateforme des organisations de la société civile pour la défense de l’éducation et les valeurs ont invité le gouvernement du Sénégal à ouvrir des négociations pour apaiser le climat social dans le secteur.

La plateforme des organisations de la société civile pour la défense de l’éducation et les valeurs, qui regroupe des universitaires, des instituteurs et enseignants et autres éléments de la société civile sénégalaise, dénonce le climat qui prévaut en ce moment dans le secteur de l’éducation. Réunis, hier, au siège du Syndicat démocratique des enseignants libres du Sénégal (Sydels), à Dakar, les responsables de ladite organisation ont tenu une conférence de presse pour exprimer leur inquiétude sur les grèves des enseignants et des élèves. Le Secrétaire exécutif national, Bassirou Sy, a appelé l’Etat du Sénégal à ouvrir des négociations pour un «traitement juste et correcte» des revendications restées en suspens depuis les accords signés en 2014. M. Sy a demandé également au gouvernement de rendre justice aux enseignants qui, à diplôme ou grade égal, par rapport à d’autres agents de même rang, seraient mal rémunérés.

Aussi, les responsables de la plateforme ont attiré l’attention des enseignants sur les conséquences néfastes des arrêts de cours sur le quantum horaire. Ils ont profité de l’occasion pour demander aux enseignants de ne jamais perdre de vue l’intérêt des apprenants dans ce bras de fer avec l’Etat. À leur avis, le respect du quantum horaire est tout aussi légitime comme le sont aussi les revendications des enseignants. «Les enseignants ne sauraient sacrifier à l’autel de leurs justes revendications les intérêts académiques des élèves qui ont le droit d’apprendre et de réussir», a renchéri Bassirou Sy.

…Le comité du dialogue social secteur «Education et formation» prône une solution d’urgence…

Face à la persistance de la grève des syndicats d’enseignants qui affecte le quantum horaire et les enseignements-apprentissages, Baba Ousseynou Ly, président du Comité du dialogue social secteur «Education et formation» (Cnds/Ef), appelle le gouvernement et les syndicats d’enseignants à trouver une solution en urgence à cette crise. Joint, hier, au téléphone, M. Ly estime que les grèves d’enseignants du moyen secondaire notées depuis le mois de décembre sont en passe de perturber sérieusement la planification des enseignements-apprentissages. Le déroulement des programmes accuse un retard inquiétant, indique-t-il. «Parents d’élèves, citoyens militants de l’école, élèves voire enseignants sont inquiets, angoissés et désemparés», souligne Baba Ousseynou Ly.

À en croire le président du Cnds/Ef, cette situation que traverse l’école sénégalaise amène certains concitoyens à douter de l’école publique à cause de la récurrence des arrêts de cours entraînant un cumul de pré-requis non maîtrisés. Selon lui, «il y a urgence à agir et une rencontre entre le Gouvernement et les syndicats d’enseignants représentatifs s’impose». «L’objectif de cette concertation est la construction d’un consensus autour de mesures à prendre pour avancer notamment sur les deux questions focales à savoir : la création du corps des administrateurs scolaires et l’amélioration des salaires des enseignants», indique M. Ly. Poursuivant, il soutient que «le sens des responsabilités doit impérativement prévaloir pour la reprise des enseignements-apprentissages dans les lycées et collèges». De l’avis de Baba Ousseynou Ly, personne n’a intérêt à ruiner l’édifice sur lequel repose le développement du Sénégal : l’école. Il invite «les enseignants à suspendre les plans d’actions pour permettre des échanges sérieux et éviter de vivre une année scolaire raccommodée».

…La Cosydep invite à créer les conditions pour la continuité des enseignements

La Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep) est préoccupée par la crise qui secoue depuis quelques mois l’enseignement public dans le moyen secondaire. C’est pourquoi, dans un communiqué de presse, reçu hier, le Directeur exécutif de la structure, Cheikh Mbow, et ses camarades ont exprimé leurs préoccupations face à cette situation. Ils appellent les syndicats d’enseignants et le gouvernement du Sénégal à créer les conditions pouvant assurer la continuité des enseignements. La Cosydep exprime ses «préoccupations par rapport aux pertes sur le quantum horaire déjà insuffisant, ensuite fortement impacté par la crise de la Covid-19 et dangereusement menacé par les nombreux plans d’actions qui font perdre une centaine d’heures par semaine». La structure de la société civile éducative émet un certain nombre de recommandations pour revenir à la normal. Elle demande à l’Etat d’assumer pleinement son rôle de garant du droit à l’éducation de tous les enfants. «En effet, ce sont les écoles publiques, déjà suffisamment éprouvées, qui subissent des perturbations que les évaluations ne prennent pas en compte», note la Cosydep. Elle exhorte les autorités «à affronter le rapport sur le système de rémunération des agents de l’Etat qui constitue une question, certes complexe, mais reconnue légitime». La Cosydep de souligner que les parents et les autres organisations citoyennes doivent jouer pleinement leur rôle dans la recherche de solutions.

Aliou KANDÉ- LESOLEIL.SN

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