Le nouveau rapport «Performance et perspectives macroéconomiques de l’Afrique» de la Banque africaine de développement (Bad) annonce une croissance économique de l’Afrique qui dépassera les prévisions mondiales en 2023-2024. Il prédit un Produit intérieur brut (Pib) réel d’environ 4% en moyenne au cours de ces deux prochaines années. Le groupe de la Bad indique, dans ce rapport rendu public jeudi à Abidjan, que «ce chiffre est supérieur aux moyennes mondiales prévues de 2,7% et 3,2%». Grâce à une analyse complète de la croissance régionale, le rapport montre que «les cinq régions du continent restent résilientes avec des perspectives stables à moyen terme, bien qu’elles soient confrontées à d’importants vents contraires résultant des chocs socio-économiques mondiaux. Il identifie également les risques et appelle à des mesures monétaires et fiscales robustes, soutenues par des politiques structurelles, pour y faire face». Entre autres risques, le document relève «la flambée des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, le durcissement des conditions financières mondiales et l’augmentation connexe des coûts du service de la dette intérieure, les changements climatiques». Pour aider les économies africaines à atténuer ces risques cumulés, le rapport suggère notamment «un resserrement rapide et agressif de la politique monétaire dans les pays à forte inflation et un resserrement modéré dans les pays où les pressions inflationnistes sont faibles, le renforcement de la résilience grâce à la stimulation du commerce intra-africain, notamment en ce qui concerne les produits manufacturés, afin d’amortir les effets de la volatilité des prix des produits de base sur les économies». De l’avis des collaborateurs du président Adesina, «la coordination efficace des actions budgétaires et monétaires optimisera les résultats des interventions ciblées visant à maîtriser l’inflation et les pressions budgétaires». Comme autre mesure proposée, le rapport évoque «l’accélération des réformes structurelles pour renforcer les capacités de l’administration fiscale et investir dans la numérisation et la gouvernance électronique afin d’améliorer la transparence, de réduire les flux financiers illicites et d’accroître la mobilisation des ressources intérieures…».
Le président de la Bad, cité dans un communiqué, commente : «Avec 54 pays à différents stades de croissance, différentes structures économiques et diverses dotations en ressources, les effets des chocs mondiaux varient toujours en fonction de la région et du pays. Le ralentissement de la demande mondiale, le durcissement des conditions financières et la perturbation des chaînes d’approvisionnement ont donc eu des répercussions différentes sur les économies africaines.» Malgré la confluence de chocs multiples, souligne Akinwumi Adesina, «la croissance dans les cinq régions africaines a été positive en 2022, et les perspectives pour 2023-2024 devraient être stables». Selon le nouveau rapport de la Bad, «les cinq économies africaines les plus performantes de la période pré-Covid 19 devraient connaître une croissance de plus de 5,5% en moyenne en 2023-2024 et retrouver leur place parmi les dix économies les plus dynamiques du monde. Ces pays sont le Rwanda dont la croissance est projetée à 7,9%, la Côte d’Ivoire 7,1%, le Bénin 6,4%, l’Ethiopie 6% et la Tanzanie 5,6%. D’autres pays africains devraient connaître une croissance supérieure à 5,5% au cours de la période 2023-24. Il s’agit de la République démocratique du Congo 6,8%, de la Gambie 6,4%, de la Libye 12,9%, du Mozambique 6,5%, du Niger 9,6%, du Sénégal 9,4% et du Togo 6,3%».Mais, en ce qui concerne le Sénégal, compte tenu du début de l’exploitation des ressources d’hydrocarbures, le gouvernement table en 2023 sur une croissance économique de «10,1%, contre 4,8% en 2022 et 6,5% en 2021».
Par Dialigué FAYE – dialigue@lequotidien.sn












