Les manifestants, qui utilisent la violence pour se faire entendre, doivent répondre de leurs actes. C’est ce qu’a déclaré hier sur la Rts1, Me El Hadji Amadou Sall, membre du Parti des libéraux et démocrates (Pld/Suqalli Senegaal). L’ancien ministre de la Justice martèle que ces manifestants vont «subir la violence légitime».
Par Malick GAYE – «Ceux qui prônent le «mortal kombat» vont le subir. Ceux qui appellent à la violence contre l’Etat vont subir la violence légitime.» Me El Hadji Amadou Sall du Pld/Suqalli Senegaal se veut clair avec les jeunes manifestants adeptes du «gasta gasta». Pour l’ancien ministre de la Justice sous Wade, «le gatsa gatsa est érigé en principe pour accéder au pouvoir. Or, le pouvoir se gagne par une offre politique. Qu’ils aillent expliquer la pertinence de leur offre politique. C’est eux que j’appelle la génération spontanée en politique. Ils sont venus comme un cheveu dans la soupe et ont l’invective à la bouche. Ils n’ont pas eu comme nous une école du parti», a dit Me El Hadji Amadou Sall hier sur le plateau du Point de la Rts, en allusion aux membres du parti Pastef et à leur leader, Ousmane Sonko.
L’ancien Garde des sceaux a commenté la garde à vue du Dr Babacar Niang. Pour l’avocat, il n’y a rien de choquant. «C’est très normal qu’on entende le directeur de la clinique, qui plus est, est un médecin. C’est Sonko, la mine défaite, assis sur son lit en salle d’hospitalisation, qui a dit être aspergé d’un liquide. Il dit que des prélèvements ont été faits et envoyés à l’étranger pour des analyses. C’est normal que le directeur soit appelé pour être entendu. En plus, la famille de Doudou Fall a évoqué une non-assistance à personne à danger. Il faut le clarifier», a plaidé la robe noire.
Revenant sur l’interpellation de deux députés français à leur ministre des Affaires étrangères sur le 3ème mandat au Sénégal, El Hadj Amadou Sall a remis ces parlementaires étrangers à leur place. «Le député français est élu par les Français pour s’occuper des problèmes français. Ils n’ont rien à faire chez nous, comme nous n’avons rien à faire chez eux. Nous ne sommes plus des colonisés. Nous sommes libres et indépendants. On ne se mêle pas des gilets jaunes. On ne va pas se préoccuper de ce que la police française fait dans les manifestations. Encore que ce n’est pas la position officielle. C’est une partie de l’opposition», a déclaré Me Sall.
S’agissant de la 3ème candidature, Me El Hadji Amadou Sall a bien revisé ses gammes. Il s’est inscrit dans la même logique que le patron de Bby. «Il y a le mandat et la candidature. Le mandat relève du Droit. Le Conseil constitutionnel a dit que la loi nouvelle est hors de portée du mandat de 2012. Des profs d’université se sont prononcés.
Techniquement, ils ont dit que les 5 ans doivent être décomptés à partir de 2019. L’arbitre, c’est le Coneil constitutionnel. Une bonne majorité des juristes le disent. Le Conseil constitutionnel va les départager. Macky Sall disait qu’il ne songeait pas à en faire. C’est une question politique, on peut la poser sous l’angle moral. A une question politique, une réponse politique», a fait savoir le camarade de parti du ministre des Mines et de la géologie, Oumar Sarr. Qui estime qu’il ne peut comprendre le diktat de l’opposition à ce sujet. «C’est ce qui n’est pas acceptable. Si Macky est candidat, on brûle le pays. C’est quoi ça ? On peut dire que s’il est candidat, on ne l’élit pas. Ce pays ne sera pas brûlé. Ceux qui le disent ne sont pas des citoyens. Ils ne respectent pas les institutions de la République», a ajouté l’ancien ministre d’Etat, ministre de la Justice sous Abdoulaye Wade.
mgaye@lesuotidien.sn












