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DESPS- 18 mille pris en charge en 2021 et 16 mille en 2022 : Protection des enfants, le combat d’une vie

Grâce à la Direction de l’éducation surveillée et de la protection sociale, aux centres de réadaptation sociale et de premier accueil et Aemo, des milliers d’enfants victimes de violences, d’abus sexuels, de déviance ou d’exploitation peuvent trouver des refuges et retenter leur chance dans la société.

Par Justin GOMIS – Les autorités étatiques se démènent pour une bonne prise en charge des enfants dans le pays. «Rien que pour 2021, la Desps, a pris en charge 18 mille enfants de quatre catégories», révèle Amadou Ndiaye, patron de la Direction de l’éducation surveillée et de la protection sociale au ministère de la Justice. Pourtant, on a l’impression qu’ils n’ont jamais quitté cet univers. Qui sont-ils ? «Il s’agit des enfants en conflit avec la loi qui ont commis une infraction, des enfants en danger, ceux dont la santé, la sécurité, la moralité et l’éducation sont compromises, des enfants victimes d’abus sexuels notamment, de négligence et d’exploitation, mais également des enfants témoins, des enfants victimes de pauvreté», indique le magistrat. Par rapport aux enfants en conflit avec la loi, la Desps en a pris en charge 1500. «Cela ne veut pas dire que ces enfants en conflit avec la loi sont en prison», précise-t-il.

Il s’agit d’un processus de prise en charge de ces gamins, qui ont eu maille à partir avec la Justice. «Ils ont été traduits devant le Tribunal pour enfants pour de multiples infractions et à leur égard, le magistrat compétent et le président du Tribunal pour enfants ont pris des mesures pour leur protection, soit en les confiant à leurs parents, soit en demandant à nos services de les suivre d’une part. Et d’autre part, en les plaçant au niveau de nos centres Aemo et de faire des comptes rendus réguliers au magistrat ou en les plaçant dans des institutions privées», dit-il. Il précise : «C’est une petite part des enfants en conflit avec la loi seulement qui est privée de liberté après une condamnation pénale.» Pour l’année 2022, le rapport de la Desps fait état de 16 mille enfants pris en charge.

Par ailleurs, le directeur de l’Education surveillée et de la protection sociale souligne que tous les enfants n’ont pas vocation à être placés dans ces institutions. Il s’y ajoute un problème d’infrastructures et de disponibilité de places. «Nos institutions sont des milieux semi-ouverts de sauvegarde comme ceux de l’Aemo ou des services fermés, c’est-à-dire les centres de réadaptation sociale ou le centre de premier accueil qui est un centre de prise en charge d’urgence.»

Face à cette situation, l’Etat a mis en place un Projet de modernisation des infrastructures judiciaires (Promij), qui va construire des complexes éducatifs pour résorber les déficits de places. Ces structures sont vitales pour récupérer ces enfants confrontés à des problèmes d’abus sexuels, de viol, de délinquance, de déviance, d’exploitation, de négligence et de violences, entre autres. «Il y a aussi des enfants qui enfreignent la loi et qui bénéficient d’un traitement spécifique au niveau du Code pénal et du Code de procédure pénale puisqu’ils bénéficient de l’excuse de minorité qui les rend aptes à recevoir une sanction égale à la moitié de la sanction à laquelle aurait pu prétendre un majeur s’il avait commis la même infraction», précise Amadou Ndiaye. Il a participé à l’atelier de révision et de réadaptation des outils d’intervention harmonisés. Cela permettra d’uniformiser les pratiques, d’améliorer et d’harmoniser les méthodes d’intervention. Elles vont permettre aux acteurs d’être mieux outillés pour être au service des enfants confiés à leurs soins. «Ces outils harmonisés sont des référentiels qui permettront aux différents services de documenter les institutions de prise en charge des enfants, émanant des magistrats ou des institutions compétentes», explique Amadou Ndiaye. La pertinence de ces outils, poursuit-il, vise à harmoniser les interventions des différents acteurs en mettant en place un référentiel unique.
utils d’intervention harmonisés ont été mis à la disposition des services extérieurs chargés de les appliquer. Et une évaluation, qui a duré deux ans (2019-2021), a été faite, suivie d’un rapport avec des recommandations. «L’idée, c’est de revoir ces outils, après l’évaluation qui a été faite en 2019, et de faire des recommandations afin de bonifier les documents qui existent déjà et mettre à jour ces outils harmonisés qui sont en service extérieur de la Desps», ajoute Evelyne Guèye, spécialiste de la protection des enfants au bureau de l’Unicef au Sénégal. Ces recommandations pourront servir de guide aux différents acteurs en vue d’améliorer la prise en charge des enfants.
justin@lequotidien.sn

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