Les responsables politiques de la région et leurs partenaires constatent de manière unanime l’augmentation de la sévérité et de l’amplitude des crises alimentaires et nutritionnelles, particulièrement dans les régions du Sahel et du Lac Tchad (Burkina Faso, Cameroun, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria et Tchad). «Entre 2018 et 2022, le nombre de personnes en besoin d’assistance nutritionnelle et de sécurité alimentaire d’urgence dans les pays de l’espace Cedeao, Uemoa, Cilss et le Cameroun est passé d’environ 11 à près de 41 millions », révèle la même source.
Ils notent que ces crises alimentaires et nutritionnelles, enracinées dans des déterminants structurels (fragilités et incertitudes climatiques, pauvreté, faible disponibilité et accès aux services sociaux de base, marginalisation et investissement limité en milieu rural…), entrainent l’érosion des moyens d’existence et de la résilience des populations vulnérables, et sont exacerbées par une crise sécuritaire persistante ainsi que par l’instabilité politique. «À eux seuls, les pays en conflit dans le Sahel central et le bassin du Lac Tchad comptent pour plus de 90% des populations souffrant de la faim et de la malnutrition. La situation des 6.7 millions de personnes déplacées internes et des 1.6 millions de réfugiés et demandeurs d’asile est particulièrement inquiétante », renseigne le document.
«Au regard de la gravité de la situation, les responsables politiques de la région et leurs partenaires conviennent de répondre solidairement à l’urgence. En appui aux efforts déjà consentis par les États et leurs organisations régionales (Cedeao, Uemoa, Cilss), des promesses financières d’un montant estimé à 2,5 milliard d’euros (liste des contributeurs consignée en annexe), ont été faites en soutien à la mise en œuvre des plans nationaux de réponse aux crises alimentaires et nutritionnelles, de renforcement de la résilience des personnes vulnérables et des systèmes agro-alimentaires. L’urgence d’agir impose la mobilisation effective des engagements annoncés », lit-on dans le communiqué.
Adou Faye












