Politique

DR ABDOURAHMANE DIOUF POINTE UN « AVEU D’ÉCHEC » DE MACKY SALL

Mercredi dernier lors du Conseil des ministres, le président de la République a annoncé la restauration du poste de Premier Ministre en procédure d’urgence. Depuis l’annonce, les Sénégalais sont partagés sur la question. Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, Président du Parti AWALÉ dénonce, de son côté, une énième révision constitutionnelle initiée par ceux qui, dit-il, il n’y a pas si longtemps, vantaient les clauses de stabilité dans notre Constitution. « Ils ne croyaient pas, eux-mêmes, en leurs propres discours. Notre Constitution est encore malmenée pour des raisons d’agenda personnel. Les clauses d’éternité sont devenues des clauses de fugacité. Cette révision de notre Constitution est l’expression de dérives narcissiques incompressibles qui mettent notre pays sous la botte d’une seule personne. Elle est, de plus, un aveu d’échec dans la gestion administrative et économique de notre pays et consacre l’extrême instabilité de nos institutions », a-t-il soutenu dans un communiqué parvenu à Emedia.

Par ailleurs, il est d’avis que le Président de la République Macky Sall a le droit de préparer sa succession : « Nous le lui concédons. Il peut user de schémas et de combinaisons à sa guise. C’est son héritage politique qui est en jeu. Mais nous veillerons à ce qu’il le fasse dans les règles strictes du jeu démocratique. Nous sommes dans un pays où des victoires techniques ont sanctionné des scrutins à enjeux nationaux. Des subterfuges particulièrement habiles ont été mis en œuvre en amont du vote et ont abouti à des résultats électoraux en contradiction avec les attentes populaires. Sans traces ! Car, que de subtilités ! Nous courrons le risque d’un transfert de cette expertise technique à un dauphin potentiel, candidat du système existant, par la voie primatoriale »,

Il estime, par ailleurs, que ces réformes constitutionnelles tou azimut pourraient impacter la date des prochaines élections législatives et ouvrir la porte à un dauphinat constitutionnel. « Nous aurons des élections législatives en Juillet 2022. Ce sera la fin de la treizième législature. Ces élections doivent être organisées à dates échues. Aucune circonstance politique, économique ou sociale ne justifierait un prolongement du mandat des députés. En revanche, un décalage des élections législatives sur fonds de schémas politiciens pourrait contraindre le Président de la République de 2024 à une « cohabitation » sur une durée prolongée ne pouvant dépasser 2 ans. Par ce mécanisme, le Président de la République, Macky Sall, pourrait chercher à garder la main au-delà de son successeur. Nous allons nous y opposer », a-t-il souligné.

Cheikh Moussa SARR
EMEDIA

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