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Education : Philosophie de la vie familiale et violence – Lequotidien

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La vie familiale ne peut exister et durer que si elle s’appuie sur un nombre d’idées fondamentales. Je l’ai vécu personnellement comme tant d’autres. On a le droit, en effet, de se demander quelles sont les raisons profondes pour lesquelles l’union d’un homme et d’une femme dans les liens du mariage est quelque chose d’aussi foncièrement différent de celle de deux animaux.
Il y a d’abord, à mon sens, à cela des raisons d’ordre biologique : chacun sait que, contrairement à ce qui se passe en général dans le règne animal, l’être humain éprouve en tout temps, et non seulement à l’occasion d’une saison particulière de l’année -la période de rut chez les mammifères-, le besoin de rapprochement physique avec son ou sa partenaire. Cette première considération expli­que déjà à elle seule la tendance de l’homme et de la femme à vivre ensemble d’une manière permanente.

Le second fait biologique, me semble-t-il, c’est la longueur considérable du temps nécessaire à l’éducation des enfants.

C’est, pour ces derniers, une question de vie ou de mort que de pouvoir compter sur les soins d’une mère attentive et d’un père prévoyant.

L’éducation est un besoin humain à la fois mental et moral ; qui ne se retrouve chez les animaux que sous une forme extrêmement réduite et simplifiée. Le milieu familial est le seul dans lequel l’enfant rencontre ce qui lui est nécessaire dans ce domaine en vue de sa préparation à la vie adulte.

La vie de famille a été et est encore quelque fois considérée comme une certaine forme historique de l’union de l’homme et de la femme, conçue comme pouvant être remplacée par d’autres formes peut-être supérieures.

Cependant, certaines remar­ques nous obligent à penser que la forme ouvertement adoptée de nos jours dans les pays civilisés est la meilleure. Lorsque l’homme moderne vit en famille, il ne le fait pas par nécessité physiologique ou contrainte légale, mais en vertu de son libre choix.

Il pourrait vivre d’une manière différente, mais il ne le fait pas, car il ne lui suffit pas de prolonger son existence, il veut surtout vivre bien. Or, pour vivre bien, il faut s’y être préparé, avoir reçu une certaine éducation et il n’y a pas de milieu dans lequel celle-ci puisse être impartie avec plus d’efficacité et de profit qu’au sein de la famille.

Comment aussi pourrait-on rendre compte de la solennité avec laquelle nous estimons nécessaire de célébrer un mariage alors qu’aucune idée de ce genre ne nous vient à l’esprit à propos des animaux ?

Un mariage ne nous paraît pas complet s’il n’a pas été contracté légalement, certifié par les officiers d’état civil et béni religieusement.

C’est avec une émotion très forte que les nouveaux mariés pénètrent dans le lieu où la cérémonie doit se dérouler. Aucune transaction humaine n’est comparable à celle-là.

En effet, ils sentent que quelque chose de nouveau s’accomplit, qu’un foyer inexistant dans les minutes précédentes va être fondé, que des créatures humaines nouvelles pourront être appelées à l’existence, non seulement pour la vie présente, mais aussi pour celle après la mort et la résurrection.
Il y a lieu de considérer aussi l’extraordinaire solidarité qui existe entre les époux. Si le mari ne réussit pas dans son travail, la femme en partage entièrement les conséquences -ou du moins logiquement- s’il commet une action sanctionnée par la loi ou réprouvée par l’opinion publique, elle en subit le douloureux contrecoup.

Lorsqu’une femme se conduit mal et néglige ses devoirs, son mari sent peser sur lui une bonne moitié de la responsabilité. C’est la raison pour laquelle on ne se marie pas sans consentir à de sérieux et graves sacrifices.

La femme abandonne souvent de passionnantes études, un métier lucratif, et toujours son indépendance mondaine. Elle sait fort bien qu’elle devra porter toutes les charges physiques, économiques et morales de la grossesse et des soins à donner aux enfants.

Parfois aussi, elle devra s’éloigner, même à de grandes distances, de ses parents, de son milieu, de ses amis, pour accompagner son mari dont la carrière exige un déplacement peut-être définitif.

L’homme aussi, d’ailleurs, doit abandonner bien des choses. L’argent qu’il gagne, par exemple, ne sera plus le sien en toute priorité et qu’il ne pourra plus s’en servir uniquement pour lui-même.

Il ne pourra plus même donner à sa profession toute son attention, car les besoins de sa famille dépassent de beaucoup l’argent qu’elle lui apporte.
Et malgré tous ces sacrifices, on continue à se marier ! Des quantités de gens trouvent, sans même s’en rendre compte, non seulement le courage d’y consentir, mais la foi profonde d’y avoir recours. C’est parce que le mariage n’est pas un contrat, mais un don réciproque qui dépasse de beaucoup les données biologiques, économiques, psychologiques, juridiques et sociales.

Aussi, les liens qui unissent deux époux sont-ils établis sans condition et, comme le dit l’expression traditionnelle, «pour le meilleur et pour le pire». C’est pourquoi le mariage est en réalité un acte de foi dans lequel chacun donne tout ce qu’il a et tout ce qu’il est.

Les gens véritablement mariés sont beaucoup plus préoccupés du bonheur du conjoint que de leur bonheur personnel. C’est aussi la raison pour laquelle le divorce, sans pouvoir être totalement éliminé, ne peut être considéré que comme une anomalie infiniment regrettable.

On parle beaucoup, à propos du divorce, de l’incompatibilité d’humeur et de caractère, sans se rendre compte que deux personnes qui se marient ne sont jamais totalement compatibles et que si toutes les divergences d’inclination étaient prises en considération, aucune famille n’échapperait au divorce.
Ainsi, une séparation pour incompatibilité d’humeur est essentiellement illogique. La plupart des ménages s’en rendent compte et c’est pourquoi il y a tant de familles qui demeurent plus ou moins unies malgré les difficultés, le travail très dur ; la pauvreté et les souffrances qui en résultent.

Voilà, à mon sens, comment le mariage devrait-il être conçu et la famille établie. Cette philosophie du mariage et de la vie familiale est-elle de nos jours toujours de mise ? Loin s’en faut ! L’imam de la Grande mosquée de la Mecque confirme : voici une traduction approximative et un résumé du prêche de l’imam El Shu Rain de la Mosquée sacrée à la Mecque : «Les prix sont en hausse ! Et les femmes sont dévêtues et les mosquées sont vides : Et les femmes devenues autoritaires sur les hommes… La fornication rendue licite et le mariage délaissé…»

L’imam n’est pas venu au Sénégal. Ce constat est fait au cœur même de la société arabe. Dès lors, doit-on s’étonner de ce qui se passe chez nous ? La violence dont on parle et qui est faite aux femmes n’a-t-elle pas pour origine la dépravation des mœurs ? Violence qui, du reste, n’est pas que seulement physique ! Elle est aussi, comme l’a souligné récemment le chef de l’Etat à la Conférence de l’Ua, morale. Le harcèlement, les menaces, les insultes et autres propos désobligeants et humiliants qui blessent autant, sinon plus que les violences physiques. Personne ne peut encourager un tel phénomène dans une société !

Cependant, est-ce un arsenal juridique des plus contraignants et punitifs qui arrivera à bout d’une telle fracture ? On le sait, après la Conférence de Kinshasa dont la Déclaration et l’appel à l’action ont été endossés par le Sommet de l’Union africaine de février dernier, la voie est tracée pour l’élaboration d’une convention sur la lutte contre les violences faites aux femmes.

La plus haute autorité de l’Etat -le président de la République- a appelé récemment à une unité d’actions pour mettre fin à ces violences -tous ensemble, pouvoirs publiques, leaders religieux et traditionnels, membres de la Société civile et citoyens sont invités à élever la voix et dire «ça suffit».

Il existe aussi des instruments internationaux : l’Agenda 2063 de l’Union africaine et la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui visent l’élimination de toutes les formes de violence contre les femmes, sont toujours brandis à des fins dissuasives.

Malgré toute cette panoplie de mesures tant au niveau national qu’international, le phénomène prend de l’ampleur, chaque jour davantage.

Dans certains Etats, c’est devenu même un tabou d’en parler -Côte d’Ivoire par exemple-. En France, pays des droits de l’Homme, une femme meurt toutes les trois minutes sous les coups de son conjoint.

Alors que faire ? Une seule réponse : l’éducation. Car, au-delà des lois et règlements, ce qui compte par-dessus tout, c’est l’évolution des esprits dans un sens positif. Evolution des esprits des femmes et des filles envers elles-mêmes, et évolution des esprits des hommes envers les femmes et les filles, pour conforter l’égalité en droit et la complémentarité sociale homme-femme.
Je suis musulman. Je me nomme Yahya, qui correspond chez nos parents chrétiens à Jean-Baptiste -celui qui a baptisé Jésus dans les Eaux du Jourdain-. Je lis le Coran comme la Bible.

En lisant celle-ci, je me suis rendu compte que toutes les causes de destruction de la famille tiennent en réalité à une seule dont elles sont la conséquence fatale : l’humanité s’écarte de plus en plus des enseignements de la Bible concernant le mariage, tels les suivants :

«L’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair.» Genève 2 : 24 ;

«Que chacun de vous aime sa femme comme lui-même et que la femme respecte son mari.» – Ephésiens 5 : 33 ;

«Mais, aimez vos femmes et ne vous aigrissez pas contre elles.» – Colossiens 3 : 19 ;

«Mais, montrez à votre tour de la sagesse dans vos rapports avec vos femmes comme avec un sexe plus faible ; honorez-les comme devant hériter avec vous de la grâce de la vie.» Pierre 3 :7 ;

«L’homme n’a pas été à cause de la femme, mais la femme a été à cause de l’homme, peut être une aide semblable à lui.» – 1 Corinthiens 11 : 19.
Mais est-ce, parce qu’on est femme qu’on se permet d’insulter publiquement un homme ? Est-ce parce qu’on est femme que l’on s’autorise à déverser toutes sortes d’insanités sur un homme ?

Est-ce parce qu’on est femme que l’on doit se livrer à des actes d’escroquerie tous azimuts ?

La loi est-elle là pour tout le monde ou y a-t-il loi pour homme et loi pour femme ? Dans la réalité des faits, c’en a tout l’air.

Aussi, les coups administrés par un député à une députée, et qui ont provoqué un tollé d’indignations, sont-ils issus d’un ex-nihilo ? Qu’a dit la femme ? Si on condamne la violence physique, et la violence verbale, psychique qui l’a provoquée, qu’en dit-on ? Il existe bien dans le Code de procédure pénale, une disposition qui condamne les injures publiques au même titre que les voies de fait ! Notamment les coups et blessures volontaires.

Quand donc l’homme comprendra-t-il que les chevaux de bataille haletants et les armes qui font jaillir un feu de mort et de destruction ne peuvent détruire que l’homme physique, jamais le principe même du mal qui habite l’esprit méchant dépourvu de charité.

Le mal est comme un souffle mystérieux. Lorsque l’on tue par la violence ou par les armes un homme animé par le mal, le principe du mal bondit du cadavre qu’il ne peut plus habiter et pénètre dans le meurtrier par ses narines dilatées. Il prend en lui une racine nouvelle et devient plus tenace encore en redoublant ses forces.

Le mal doit être combattu par les armes du Bien et de l’Amour. Quand c’est l’Amour qui détruit un mal, ce mal est tué pour toujours.

La force brutale ne fait qu’enterrer provisoirement le mal qu’elle veut combattre et détruire. Or, le mal est une semence tenace. Une fois enterrée, elle se développe en secret, germe et réapparait plus vigoureusement encore.
Alors, mes chers compatriotes, retournons à nos textes religieux pour l’éradication de ce fléau.
Yakhya Diouf
Inspecteur de l’Enseignement
Elémentaire à la retraite

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