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Entrée en vigueur de certaines mesures : L’Etat attendu au tournant – Lequotidien

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C’est ce jeudi que les premières mesures édictées par le Conseil interministériel convoqué au lendemain de l’accident de Sikilo, qui a fait 41 morts et 99 blessés, doivent entrer en vigueur. En se donnant un délai aussi rapproché, l’Etat met son autorité en jeu pour freiner le carnage sur les routes. En attendant, la chaîne de solidarité en faveur des victimes ne rompt pas. Elle s’élargit à l’intérieur du pays, toujours étreint par la douleur de Sikilo. Même si le deuil national est officiellement terminé, les cœurs sont toujours en berne…

Application des mesures arrêtées par le gouvernement : A Thiès, la peur de l’immobilisme

«L’Etat, plutôt que de prendre le taureau par les cornes, n’aura convié à cet énième conclave que pour anesthésier le Peuple, qui se refuse un saupoudrage.» Un avis largement partagé à la Gare routière de Thiès, à la sortie de la ville sur la route de Dakar. «Ce, d’autant que sur la question de la sécurité routière, toutes les conclusions susceptibles de l’être ont déjà été élaborées et soumises à l’appréciation de l’Etat», s’offusquent les professionnels du secteur, qui se disent déjà convaincus du «non-respect, donc la non-exécution des fortes mesures retenues par un Conseil interministériel de plus convoqué par le Premier ministre Amadou Ba sur la question des transports routiers et de la sécurité».

Par Cheikh CAMARA – «Le drame survenu à Kaf­frine, avec 40 morts (41) et une centaine de blessés, révèle le non-respect de la réglementation pour l’assurance de la sécurité des voyageurs et la faiblesse des autorités en charge de l’application des mesures», regrettent les professionnels du secteur rencontrés à la grande Gare routière de Thiès. Ils avertissent : «Le problème du transport au Sénégal ainsi que les accidents ont encore de beaux jours devant eux.» Tout simplement parce que, remarquent des voyageurs, «nous assistons à une faiblesse de l’Etat devant une pression quasi permanente des syndicats de transporteurs». Moustapha Sow, en partance pour Louga, s’offusque : «A chaque fois que l’Etat prend une batterie de mesures pour alléger le secteur du transport ou pour réduire les accidents, voilà que ces transporteurs, venus de nulle part, brandissent la menace de la paralysie du système économique par des grèves.» Ça veut dire quoi ? «Qu’il est temps maintenant que l’Etat prenne la responsabilité de règlementer le secteur du transport», suggère-t-il. Cette dame, Aïcha Soumaré, en route pour Dakar, de se demander : «Comment peux-tu comprendre qu’un syndicat puisse s’arroger le droit de légiférer le secteur du transport dans un pays qui a un Etat, qui a un pouvoir public, qui a un ministère du Transport.» Aussi de souligner : «L’accident qui vient de se passer, suivi d’un Conseil interministériel, est là pour nous rappeler ce qui s’est passé lors du naufrage du Joola. Ce qui se passe au Sénégal ne se passe que chez nous, et nulle part ailleurs.» Et aujourd’hui encore, déplorent acteurs et voyageurs, «ce qui s’est passé à Kaffrine est à imputer, d’une part, à la responsabilité de l’Etat, qui n’a pas pris les dispositions et les mesures quand il le fallait». Aujourd’hui, à en croire Ndiaga Diop, voyageur, «l’infraction, au Sénégal, s’achète. Vous êtes en infraction, vous payez et vous continuez à vaquer librement à vos occupations». Pour dire, regrette cet interlocuteur, «que nous vivons tous les jours dans la hantise d’une catastrophe».

Les gares routières : «Un Etat dans un Etat»
Des voyageurs thiessois considèrent les gares routières comme un «pouvoir», un «Etat dans un Etat». Pour la bonne et simple raison, pensent-ils, que «l’Etat et les pouvoirs publics n’ont aucune compétence dans la manière dont les gares routières fonctionnent». Ils expliquent que «ce sont eux qui fixent tout, réglementent tout, qui sont prêts à apprécier selon leur bon vouloir, la pertinence ou non d’une décision publique de l’Etat». Aussi d’indiquer : «Il est temps maintenant que l’Etat reprenne son autorité dans ces gares routières-là.» L’enseignant Amadou Kouly Diop, citoyen thiessois, trouvé à bord d’une voiture «7 Places» en partance pour Saint-Louis, lui, de regretter le fait que «l’Etat ait perdu tout pouvoir régalien dans les gares routières au profit de syndicats ou d’autres groupes qui s’arrogent le droit et le devoir de réglementer le transport au niveau de l’Etat et du pays». Il dit constater que «des voitures qui, en temps normal, de­vraient contenir 50 personnes, sont maintenant à 70 passagers. Beaucoup d’autres véhicules subissent une transformation technique et passent de 5 à 7 mètres. Des bus pour passagers sont comparables à des cars de bagages, à des camions pour transport de bagages». Et de justifier une telle situation par le simple fait qu’«au change, le prix des bagages est plus cher que le coût du transport, que le prix des passagers, au grand dam de la sécurité routière, des possibilités de ces voitures. Ce, avec des chauffeurs qui n’ont aucune conscience de la sécurité, qui ne bénéficient d’aucune formation, n’ont aucune éthique du point de vue comportemental et qui ont malheureusement derrière eux plus de 70 passagers».
Correspondant

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