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ENVIRONNEMENT: LE LAC ROSE VA DISPARAITRE SI …

La durabilité du Lac rose menacée. Mise à part la baisse de la pluviométrie, l’homme est le seul responsable de ce nouveau désastre écologique et économique qui s’annonce. Les constructions sur les rives du côté de la mer et les nouvelles agglomérations de Keur Massar, Bambilor, Sangalkam, Niague, obstruent toutes les voies d’alimentation de cet écosystème unique au monde.

Outre le désastre écologiste qui se profile si rien n’est fait, c’est l’industrie touristique qui est menacée. Un regain d’activités observé sur place, le Lac rose se remet petit à petit de la Covid-19. Malgré l’affluence de visiteurs, guides touristiques, vendeurs d’objets d’art et exploitants de sel craignent des lendemains sombres.

Après l’expérience malheureuse de la Covid-19, Marème Dieng, colliers et bracelets accrochés à son bras, redoute un autre coup dur. Se confiant au journal Le Soleil, la vendeuse se sent menacée par la poussée des projets immobiliers. « Il a fallu que les jeunes se mobilisent pour enterrer des projets immobiliers. Malgré tout, certaines puissances financières construisent des immeubles à quelques mètres du Lac rose. Dans 30 ou 40 ans, il risque de disparaître. Ainsi, ces localités et les individus qui en dépendent risquent de renoncer à leurs activités économiques arrimées au tourisme« , met-elle en garde.

Ibrahima Dione, qui a consacré 30 ans de sa vie à l’exploitation du sel, scrute l’avenir avec pessimisme. Le vieil homme et ses assistants sortent 200 à 400 tonnes de sel par jour. « Les productions baissent d’année en année. En plus de cela, la partie située au village de Khoss s’est asséchée. Donc, il y a des raisons de s’inquiéter pour l’activité économique portée par le lac, principale attraction », fait-il froidement remarque, toujours dans Le Soleil.

Géologue environnementaliste, Pr Goumba Lô, confirme que « la principale menace, c’est l’urbanisme. » Ainsi, alerte-t-il, « des gens sont en train d’occuper le lit majeur du lac et ses dépendances. Je dois dire que ce lit majeur pourrait s’agrandir dans les années à venir avec les changements climatiques. Il y a la possibilité, avec les pluies, que ce milieu sorte de son lit actuel. Il y a plus d’une dizaine d’hôtels, d’auberges, de restaurants et des campements sur son lit majeur. L’autre menace, c’est le dépôt de sel induit par le reflux des eaux de la mer. »

Toutefois, le spécialiste est contre l’ouverture d’une canalisation entre la mer qui est à environ moins d’un kilomètre. « Il y a une communication naturelle dans le Nord-Ouest. En cas de marée haute, il y a un déversement dans le Lac rose. C’est l’intrusion de l’eau marine qui donne la couleur bleue au lac ; lorsqu’il y a une forte évaporation, en marée basse, le lac devient rose. Il est important de préserver cette communication, car en cas de marée haute, l’excédent se retire dans le lac. »

Il ajoute : « d’une manière plus globale, il est aussi nécessaire de rétablir l’interconnexion entre le Lac rose, le Lac Tanma et le Lac Mbawane. C’est la seule solution durable pour régler les problèmes d’inondation. Auparavant, les eaux partent des lacs Wouye, Wourouwaye, transitent par Mbeubeuss qui déverse sur le Lac rose, qui évacue, à son tour, vers Mbawane. De là, les eaux sont drainées de manière naturelle jusqu’au Lac Tanma. C’est ce milieu d’une grande superficie qui reçoit le surplus de tous les lacs qui sont à l’Ouest de la région de Dakar. Il est aussi le plus profond. Il faut restaurer les lacs, rétablir leur interconnexion. C’est ce qui permettra l’écoulement des eaux de Pikine vers Guédiawaye et Keur Massar, ensuite vers Malika et enfin vers la région de Thiès« .
EMEDIA.SN

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