Les changements climatiques impactent évidemment les écoles. Les établissements scolaires sont inondés, la hausse des températures perturbe aussi le personnel éducatif.
Par Justin GOMIS – Les effets liés aux changements climatiques impactent tous les secteurs. Même l’éducation n’est pas épargnée. D’après l’étude réalisée par «Enjeux de l’éducation à l’environnement et au développement durable (Eedd) en Afrique de l’Ouest/Sahel» à partir de l’exemple du Togo et du Sénégal, en partenariat avec les Coalitions éducation de la France, du Togo (Cnept), du Sénégal de la Cosydep et Planète urgence, la problématique des changements climatiques a affecté le secteur de l’éducation. «Des écoles sont souvent inondées. On note une hausse des températures», rappelle Cheikh Tidiane Aw, le chargé de programme à la Cosydep, qui faisait la restitution lors de l’atelier de partage qui a réuni les enseignants et les acteurs de la Société civile. Selon toujours lui, une cartographie des inondations au Sénégal, réalisée par la Cosydep en 2012, montre qu’en 2008, plus de 250 familles étaient affectées par les inondations, 90 écoles et 12 centres de santé étaient sous les eaux. En 2009, 260 écoles inondées et un peu plus de 130 dans la région de Dakar.
Ces inondations ne sont pas sans conséquences dans l’éducation. Car on trouve des élèves vivant dans des maisons inondées et qui ratent souvent des cours pendant au moins un semestre. Des enfants qui fréquentent des établissements scolaires inondés. Une situation qui pose le problème d’égalité des chances et le droit à l’éducation. D’après les résultats de la recherche, 28% des enseignants interrogés disent qu’ils ne sont pas bien informés des initiatives prises par le gouvernement sur la question de l’éducation environnementale.
Malgré le déficit d’information et de formation noté par les études, cela n’a pas empêché de prendre des initiatives au niveau des écoles avec les enseignants et les élèves qui, le plus souvent, montrent beaucoup d’intérêt sur la question de l’éducation environnementale. 58% des élèves interrogés ont manifesté leur fort intérêt pour des cours sur l’environnement, alors que 28% ont manifesté un intérêt modeste. A en croire Cheikh Tidiane Aw, «les enseignants recommandent que l’éducation environnementale soit considérée comme une discipline entière. Car elle est souvent un peu négligée, en ce sens qu’elle n’est pas évaluée lors des compositions et essais». D’ailleurs, sur les 125 enseignants interrogés, 72% consacrent moins de deux cours par semaine sur les questions environnementales. Et les raisons évoquées sont souvent le manque d’outils. Pour lui, ce n’est pas encourageant pour les élèves. «Il faudrait que la discipline soit évaluée à l’examen, au cours des devoirs», suggère-t-il.
Dans le même sillage, «les enseignants demandent que la question de l’éducation environnementale soit prise en compte dans la réforme des curricula pour donner des moyens significatifs pour la prise en charge de cette question environnementale». Ils suggèrent aussi d’être bien formés parce que les véritables changements, disent-ils, commencent à partir de l’école. Ils pensent aussi que l’école est la meilleure porte d’entrée pour amener des changements durables face à la problématique des changements climatiques.
Concernant toujours des initiatives qui sont prises, la Société civile présente sur le terrain, indique le rapport, est en train de développer beaucoup d’initiatives. «C’est à l’image du club de changements climatiques de Ziguinchor, qui a mis en place des clubs de changements climatiques et l’Association pour le développement qui se trouve à Kanel, qui mène également des activités de sensibilisation pour une meilleure prise en compte des questions environnementales au niveau des établissements scolaires.
Malgré l’envie et la volonté qui caractérisent cette lutte, les études attestent que l’accompagnement fait défaut, explique le rapport. «Il manque la formation, les moyens pour que l’éducation environnementale, le développement durable puissent figurer en bonne place dans les curricula», explique le chargé de la Cosydep.
Pour sa part, le gouvernement s’emploie à mener des activités de reboisement, de nettoyage, à organiser des sorties pédagogiques, des séances de génie en herbe pour évaluer un peu les connaissances des élèves par rapport à la bonne compréhension des questions et préoccupations liées à l’environnement.
justin@leqotidien.sn












