Le Dr Aimé Gomis, du Parti Démocratique Sénégalais (Pds), membre de la fédération départementale Pds Ziguinchor, est revenu dans entretien accordé, à L’AsNews sur la situation politique du Pds au Sud et surtout avec la démission de Toussaint Manga. En effet, l’enseignant à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis qui soutient la candidature de Karim Maïssa Wade pour la Présidentielle de 2024 et croit à la révision du procès. Toutefois, il dit ne pas croire aux retrouvailles de la famille libérale surtout que cela va inclure l’APR vomi, rejeté par une bonne partie des électeurs.
L’AsNews : Quelle lecture faites-vous de la situation politique du Pds à Ziguinchor si l’on sait que vous n’aviez pas de candidats pour les locales et les législatives passés ?
Je pourrais insister sur les choix politiques qui ont été faits, lesquels seront à relier avec le recul du parti dans une région qui, considérée comme bastion du Parti, a toujours été une préoccupation majeure pour le Président Wade.
L’AsNews : Quand est-ce que vous avez commencé à militer au Pds ?
Très bonne question et à laquelle je dois répondre en toute franchise et sincérité. Car le fait que mon militantisme soit récent ne devrait pas constituer un handicap pour briguer le poste de coordonnateur de la fédération.
L’AsNews : Comme vous dites Ziguinchor est considérée comme bastion du Pds, comment expliquez-vous cette perte de vitesse ?
De mauvais choix politiques. Et c’est l’occasion de revenir sur le magistère de Toussaint. En quelque sorte faire son bilan, en se gardant d’être toutefois prétentieux. C’est aussi l’occasion de faire des propositions pour relancer la machine politique du PDS à Ziguinchor.
L’AsNews : Qu’est-ce que vous proposez à la population de Ziguinchor si l’on sait que le coordonnateur départemental Toussaint a démissionné et surtout avec l’arrivée de Sonko qui ne laisse aucune chance aux autres politiques.
La politique c’est d’abord une affaire d’offres, de propositions structurelles et structurantes. Et c’est ces propositions doivent être innovantes et en cohérence avec la ligne et les intérêts du Parti. Apaiser la situation de la fédération par le dialogue et la concertation (je suis un communicant). Réorganiser la fédération avec une segmentation du Département en des sections et cellules avec à la tête de chacune un Responsable. Ceci aidera un meilleur maillage mais aussi une fluidité dans la vente des cartes.
Pour éviter le précédent Toussaint, instaurer une culture de démocratie interne avec des critères définis par tous. Sonko est une réalité mais il n’est impossible de lui prendre des militants car la politique est une affaire de tendance. Le PDS a beaucoup plus de militants et de sympathisants que le Pastef.
L’AsNews : Qu’est-ce qui vous pousse à dire que le Pds a beaucoup plus de militants et de sympathisants que le Pastef ?
J’ai été à la rencontre des militants, un peu partout dans la région. Et même s’il faut se garder d’être d’un enthousiasme flatteur, ce que j’ai vu et entendu est rassurant, surtout que beaucoup ont été amenés à geler leur militantisme pour deux raisons, essentiellement : l’absence de Karim, qui cristallise, du reste comme son père, beaucoup d’espoir, et la mauvaise gestion de Toussaint.
L’AsNews : Vous pensez que le parti est mal géré au Sud ?
Effectivement et cela qui nous a conduits à la situation que nous connaissons présentement. Situation d’ailleurs qui aurait amené le Parti, je crois, à sévir contre Toussaint en lui attribuant une place sur la liste nationale, place qui le condamnait presque à la non-réélection.
L’AsNews : Avec la démission de Toussaint Manga, qui pour diriger la fédération départementale du Pds à Ziguinchor
Il faudra assurément le remplacer. Mais je ne suis pas certain que ce soit le moment où le plus urgent à faire. Et d’ailleurs, je regrette que certains, pour ne pas les nommer se soient précipités pour annoncer leur candidature. Je ne suis nullement contre que des gens aient de l’ambition et le manifestent. Mais je pense que l’urgence est ailleurs….
Pour diriger la fédération, je pense qu’il faudrait quelqu’un qui fera l’unanimité, autrement dit que sa candidature soit d’abord et avant tout portée par la base, ce qui lui assurera de gérer sereinement, dans un climat apaisé et où l’atteinte des objectifs se fera dans une harmonie et synergie positives. D’où la nécessité, je dirais même l’importance d’asseoir une culture de démocratie interne.
L’AsNews : Karim Wade a annoncé sa candidature pour la présidentielle 2024, tout en sachant qu’il n’est toujours pas éligible?
C’est une très bonne chose qu’il l’ait fait. Cela a l’avantage de mobiliser tous les militants, qui doivent travailler à le faire élire.
L’AsNews : Et comment si l’on sait que son éligibilité dépend d’une loi, par la grâce présidentielle ?
Oui d’une certaine façon puisque c’est un dossier pendant à la justice. Mais à partir du moment où le fond du dossier est juridiquement vide, s’attendre à une amnistie pourrait être perçu comme probablement un aveu de culpabilité, ce que ses adversaires pourraient utiliser pour tenter de l’abattre lors des prochaines présidentielles. Je crois qu’il serait très utile de voir, au sein du Parti, comment finaliser ce dossier sans rien faire perdre à M. Karim Wade le capital sympathie avec les Sénégalais. Mais je ne pense pas qu’elle soit la meilleure issue qu’espérerait M. Karim Wade. J’ajouterai la nécessité de discréditer le pouvoir sur ce dossier, en avançant l’argument politique d’un candidat fiable, car ses chances de l’emporter sont réelles, craint par le pouvoir en place .
L’AsNews : Et si le pouvoir actuel lui offrait l’amnistie, quel serait sa réaction ?
Au PDS, nous restons confiants. C’est pourquoi nous excluons toute hypothèse autre que celle d’une candidature validée. C’est le souhait de tous les militants.
L’AsNews : Et si on invalide sa candidature ?
Comme je l’ai déjà mentionné, c’est une hypothèse tellement improbable que nous ne la considérons même pas !
L’AsNews : Est-ce qu’on peut s’attendre à voir le Pds sans candidat en 2024 et si cela arrive, le Pds va-t-il soutenir un candidat comme Sonko ?
Il n’est nullement pas envisageable que le PDS ne participe pas aux prochaines présidentielles. C’est la ligne du Parti et notre organisation politique fera tout pour s’y conformer. Car les risques politiques sont énormes. Il n’est que de voir la gangrène que subit le Parti dans ses rangs pour se motiver à éviter une hypothèse semblable.
L’AsNews : Croyez-vous donc aux retrouvailles de la famille libérale ?
Je ne suis pas d’avis que cela soit ce qui serait convenable, surtout quand on sait que, parler de famille libérale, inclut l’APR vomi, rejeté par une bonne partie des électeurs. Je pense que les deux dernières élections sont assez parlantes sur les attentes du peuple : un changement radical doit s’imposer. Nous au PDS pouvons être porteur de cette demande.
L’AsNews : L’Apr n’est-il pas née des cendres du Pds ?
Oui, mais qu’à cela ne tienne ce qu’est devenue cette formation politique qui, pendant tout son magistère, ne s’est évertué qu’à brader la confiance que le peuple avait placée en elle. Et c’est à ce niveau que la candidature de M. Karim Wade est le plus ardemment souhaitable car elle va cristalliser les espoirs de tous les déçus du pouvoir actuel.
L’AsNews : Si l’on parle de libéralisme, le Pds n’est-il pas plus proche de l’Apr que du Pastef ?
Nier cette évidence serait malhonnête de ma part. Mais la différence entre ces deux formations (Ndlr : Apr et Pastef) et le PDS tient à beaucoup de choses qu’il ne serait pas opportun de rappeler ici. J’ajouterai que les projets politiques des uns et des autres est assez clair pour que n’importe quel citoyen puisse faire le distinguo !
L’AsNews : Est-ce qu’on peut s’attendre à voir Wallu avec son groupe parlementaire ou bien Wallu va poursuivre son compagnonnage dans l’inter-coalition ?
Je pense que, pour une meilleure visibilité de notre formation politique, il me semblerait pertinent d’avoir son propre groupe parlementaire. Le compagnonnage pourrait être envisagé sur des questions stratégique, autant d’envergure nationale qu’internationale.
L’AsNews : Comme quoi par exemple, la loi sur l’amnistie ?
Plusieurs sujets d’importance capitale : les accords de pêche, les APE, le terrorisme qu’il ne faut surtout pas négliger car elle touche à notre souveraineté.
Fara NAMPA MENDY












