Accueil Actualités Football : le Conseil d’État doit se prononcer sur le droit de...

Football : le Conseil d’État doit se prononcer sur le droit de porter le hijab sur un terrain

0

Cette même loi sur laquelle s’appuie justement Maître Marion Ogier, qui représente le collectif des Hijabeuses qui a déposé une requête en novembre 2021 devant le Conseil d’État afin d’obtenir le droit de porter un hijab en pratiquant le football. «La FFF n’a pas le pouvoir de soumettre de manière absolue ces usagers à un principe de neutralité», argumentait ainsi l’avocate auprès du journal L’Equipe. «On demande juste qu’elle cesse d’exiger une obligation de neutralité qui est hors de ses attributions. La seule entaille qui existe, c’est la loi de mars 2004, quand le législateur a fait obligation de discrétion pour les élèves d’établissements publics. Hormis cela, le principe, c’est la liberté.» Dans le même temps, la ministre déléguée à l’Egalité femmes-hommes, Elisabeth Moreno, avait lâché sur LCI : «La loi dit que ces jeunes filles peuvent porter le voile et jouer au foot. Sur les terrains de foot aujourd’hui, il n’est pas interdit de porter le voile. Je veux qu’on respecte la loi.» Avant d’ajouter : «Si elles veulent jouer au foot en étant voilées, en quoi c’est impossible ?»

Évidemment, ce dossier, jugé comme très sensible, dépasse largement le simple cadre du ballon rond et pourrait s’étendre à toutes les autres disciplines sportives. Et même sortir du simple cadre sportif. Ainsi, la FFF sera-t-elle soutenue par un certain Frédéric Thiriez, ancien président de la Ligue de football professionnel (LFP) et avocat au Conseil d’État, qui plaidera au nom de la Ligue du droit international des femmes (LDIF). Selon sa présidente, la socialiste Annie Sugier, «le voile islamique s’assimile à un apartheid sexuel. Une séparation physique, à la fois concrète et symbolique, entre les hommes et les femmes. C’est la promotion d’un modèle de société où la femme est en liberté conditionnelle : elle peut être dans l’espace public, à condition qu’elle soit couverte.» À l’opposé, Founé Diawara, la coprésidente des Hijabeuses, affirmait : «Ce qui motive notre action, c’est l’injustice. Ce n’est pas qu’une question de droit des femmes musulmanes, mais de droit des femmes tout court.»

Autrement dit, deux visions du féminisme s’opposeront devant le Conseil d’État qui, dans 90% des cas, suit les recommandations du rapporteur public qui exposera donc ses conclusions ce lundi. Ensuite, les magistrats composant la juridiction administrative suprême mettront leur décision en délibéré, celle-ci sera alors connue d’ici un délai de deux semaines. Avec toutes les conséquences, dans un sens comme dans l’autre, que celle-ci revêtira.

Le Figaro

Article précédentLes alliés devenus ennemis……
Article suivantLes Nations Unies et les organisations intergouvernementales en Afrique de l’Ouest conjuguent leurs efforts

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici