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Gloire à nos soldats tombés – Lequotidien

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Par Serigne Saliou DIAGNE  – Le détachement sénégalais engagé au Mali a enregistré, cette semaine, la perte de trois Jambaars, suite au heurt par leur véhicule d’un engin explosif improvisé dans le Centre du Mali. En plus des trois soldats tombés au champ d’honneur, la Direction de l’information et des relations publiques de l’Armée (Dirpa) ajoute le nombre de cinq blessés. Cette situation terrible donne une idée du lourd tribut que verse le Sénégal pour assurer la sécurité et la stabilité au Mali dans son engagement dans les opérations de maintien de la paix.
Voir nos soldats tomber au Mali dans une opération de maintien de la paix est une peine sans commune mesure. Il est vrai qu’en s’engageant dans le maintien de la paix au Mali, notre pays se projette dans la préservation de sa propre sécurité en évitant un effondrement total de notre voisin direct. Mais, le coût que prend cet engagement se mue progressivement en un lourd fardeau, surtout qu’on a du mal à voir clair dans le bourbier qu’est devenu le front sécuritaire au Mali.
La «transitologie» permanente, pour reprendre un mot de Yoro Dia, a empêché jusqu’à ce jour, une refonte de l’Armée malienne afin de lui permettre de faire face à ses ennemis domestiques, assurer l’intégrité de son territoire et protéger ses frontières. Le retrait des forces françaises de l’opération Barkhane qu’a exigé la junte malienne, se traduit sur place par un affaissement de toutes les digues, avec des mouvements extrémistes tentant de progresser du mieux et récupérer tout ce qui n’est plus sous tutelle de l’Etat. La désinformation en ligne et l’entêtement d’illuminés «panafricanistes» ne changent en rien la réalité du terrain, avec une Armée nationale qui ne tient pas son pays, s’appuyant sur des mercenaires russes qui finiront par reconnaître de s’être fourvoyés dans leur approche du Sahel.
Les neuf années de présence militaire ininterrompue de la France et ses partenaires au Mali ont eu leur effet pour ralentir l’abîme. Le regain de violence à l’encontre des Casques bleus confirme qu’ils sont les cibles désignées des groupes agissant au Mali pour distiller davantage de chaos. Les Français sont partis, les groupes extrémistes prennent du poil de la bête, l’Armée nationale ne cesse de se replier, les «sauveurs» russes ne sont ni outillés ni prêts à assurer une stabilité. Quel sombre tableau !
Le chef de la Minusma et Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies au Mali, El-Ghassim Wane, a tenu à condamner de façon ferme l’attaque contre le détachement de Casques bleus sénégalais. Cette attaque illustre, selon le chef de la Minusma, la «complexité de l’environnement opérationnel» dans lequel les Casques bleus sont engagés au Mali. Des troupes de maintien de la paix, évoluant dans un contexte hostile et mises en première ligne parmi les adversaires à atteindre, il sera difficile dans le temps long d’assurer la conduite des opérations de sécurisation et de pacification sans être des cibles.
Les pays engagés dans la Minusma ne cessent de payer un fort tribut, car depuis 2013 et les déploiements de cette mission de maintien de la paix au Mali, 168 Casques bleus ont perdu la vie. Ce tribut, tous les pays engagés dans la pacification et la stabilisation du Mali le paient malgré eux. Le Sénégal est éploré au Mali avec la perte de braves et vaillants fils, il ne s’arrêtera pas d’être engagé pour préserver la paix et la sécurité partout et plus particulièrement dans sa sous-région immédiate. Face au péril imminent, notre Armée et notre pays sauront rester debout et résolument engagés à gagner la paix. Cela, dans la constance, l’engagement et la loyauté qui ont toujours fait les lettres de noblesse des Armées sénégalaises. Puissent nos soldats tombés au Mali reposer en paix avec l’honneur du service sincère rendu à leur Nation. Le Sénégal est fier d’eux, salue leur courage et leur bravoure. On nous tue, on ne nous déshonore pas.

saliou.diagne@lequotidien.sn

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