Accueil Actualités Idrissa Dia, délégué du personnel aux Gmd : «Si nous continuons à...

Idrissa Dia, délégué du personnel aux Gmd : «Si nous continuons à demander au patronat d’augmenter les salaires, le secteur privé va disparaître» – Lequotidien

0

«Si nous continuons à demander au patronat d’augmenter les salaires, le secteur privé va disparaître»

Par Amadou MBODJI – Depuis quelques mois, le débat est à l’augmentation des salaires après la hausse notée dans le public. Idrissa Dia, délégué du personnel aux Grands Moulins de Dakar (Gmd), reste convaincu que les investisseurs risquent de se détourner du Sénégal à cause de la pression exercée relative à l’augmentation du salaire réclamée souvent par les travailleurs du secteur privé. «Mais si nous continuons à demander au patronat d’augmenter les salaires, le secteur privé va disparaître. Alors que nous avons une jeunesse qui a besoin de travail. Si l’investisseur ne vient plus parce que la grille salariale a été déposée depuis très longtemps, c’est un problème. Et en même temps nous ne pouvons plus satisfaire l’assiette sociale», prévient Idrissa Dia, délégué du personnel aux Grands Moulins de Dakar (Gmd). Il intervenait hier lors de la Fête du travail célébrée dans les locaux de l’entreprise lors de laquelle 78 employés de l’entreprise ont été décorés pour leur ancienneté au sein de l’entreprise. Que faire pour que les travailleurs du secteur privé puissent bénéficier d’une augmentation ? «Donc, il faut une main de l’Etat. Il faut que l’Etat prenne en charge certains points avec la défiscalisation sur certains éléments de salaire. Par exemple nous avons un problème de location au Sénégal. Pourquoi l’Etat veut mettre des impôts sur la prime de logement. La prime de logement doit être défiscalisée. Il y a certaines primes en interne qui doivent être défiscalisées. Mais aujourd’hui, si on dit qu’on a une augmentation de salaire de 30%, comme demandé par les syndicalistes, cette augmentation de salaire ne portera que sur le salaire de base. Et vous savez que le salaire de base ne fait pas le salaire. Ce sont les sursalaires et les autres primes qui font le salaire», argumente-t-il. Soulignant qu’«une augmentation de 30% sur un salaire de base de 150 mille francs ne fera que 45 mille francs», le délégué du personnel des Gmd explique : «Si l’Etat prend les impôts, il ne nous restera pas 30 mille. Ce n’est pas ça, ce n’est pas ce genre d’augmentation que les travailleurs attendent. Ce que nous attendons, c’est une défiscalisation de certains éléments de salaire. Et ça il n’y a que l’Etat qui peut nous aider à atteindre cet objectif. C’est pourquoi nous lançons un appel vibrant à l’Etat pour qu’il vienne en aide aux travailleurs. Parce que nous sommes fatigués.» Le délégué du personnel des Gmd enchaîne : «L’Etat a su aider beaucoup de secteurs, par exemple si je prends le secteur de l’industrie, les Tva ont été supprimées. Il y a eu des taxes qui ont été supprimées, mais le travailleur lambda n’a pas été aidé. Vous me direz peut-être en aidant les entreprises, on aide indirectement les travailleurs. Avec la cherté de la vie, les travailleurs n’ont pas été aidés. C’est pourquoi je lance un appel à l’Etat, les denrées de première nécessité ont atteint un niveau exorbitant. Et parallèlement, il n’y a pas eu une augmentation de salaire qui va dans ce sens», regrette-t-il.

Présidente du Haut conseil du dialogue social, Innocence Ntap Ndiaye rappelle que la Fête du travail concerne «aussi bien les travailleurs du secteur formel, le secteur informel que les travailleurs indépendants et les travailleurs du secteur rural». Elle indique en outre que les Gmd «sont un exemple dans la promotion du dialogue social».
ambodji@lequotidien.sn

Article précédentDécès de Mame Less Camara : la presse pleure un journaliste chevronné
Article suivantClimat: L’appel solennel du président de la COP28 !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici