Ousmane Sonko a écopé d’une peine de 2 mois de sursis et condamné à payer 200 millions Cfa de dommages et intérêts à la partie civile. Le leader des Patriotes a échappé à la prison que le ministère public avait requis. Le procureur s’est voulu clair : «Désormais, rien ne sera pardonné à Ousmane Sonko». D’ailleurs, le Parquet a interjeté appel du verdict d’hier.
2 mois de sursis et 200 millions Cfa à verser à Mame Mbaye Niang en dommages et intérêts ! Ousmane Sonko a été reconnu coupable de diffamation. Il échappe néanmoins à la prison que le procureur avait requise. En effet, le ministère public avait requis 2 ans de prison dont 1 an ferme pour la diffamation, 2 ans dont 1 an ferme pour faux et usage de faux et 3 mois pour injures, en plus du mandat de dépôt. «Voilà, monsieur le Président, un homme qui n’a jamais voulu comparaître devant votre tribunal. La seule fois qu’il l’a vraiment fait, c’était pour s’en prendre à l’institution qui est la justice. Voilà un homme qui insulte tout le monde ; les magistrats, les personnalités de ce pays et s’en prend, à chaque sortie, aux institutions» a souligné le procureur son réquisitoire. Le maitre des poursuites a même tenu à avertir le maire de Ziguinchor, absent du tribunal hier, en ces termes : «Désormais, rien ne sera pardonné à Ousmane Sonko. Je sais qu’on va lui rapporter mes propos. Mais j’aurais aimé qu’il soit là pour entendre ce que j’ai à lui dire. Pour un dossier aussi simple, on retient tout un peuple en otage. Ça suffit ! Il faut que ça cesse ! Ce n’est pas excessif de demander la condamnation d’Ousmane Sonko et de demander un mandat d’arrêt contre lui».
Pour cette 3eme audience, les avocats de Ousmane Sonko se sont heurtés à la rigueur du juge Mamadou Yakham Keita appelé à le remplacer au pied levé le magistrat Pape Mouhamed Diop qui s’est dessaisi du dossier. Malgré l’insistance des avocats de Sonko pour renvoyer le procès, sous prétexte du refoulement de Me Juan Branco qui a été reconduit à Paris mercredi soir, le juge a tenu à enrôler le dossier.
Une décision qui a poussé les conseils du Patriote en chef à quitter la salle d’audience. Une situation qui n’a pas eu d’incident sur le déroulé. En effet, la partie civile a expliqué que le prévenu a versé dans le dossier des articles de presse mais n’a jamais apporté le fameux rapport. De toute manière, en l’absence de leur client, les avocats de Sonko n’auraient pas pu prendre la parole devant le juge. Leur cinéma ne changeait donc absolument rien au procès. «Jusqu’à l’extinction du soleil, on ne verra pas un rapport de l’Inspection générale des finances. Pour la simple et bonne raison que l’Igf n’est pas compétente pour auditionner un ministre» a affirmé Me Moustapha Dieng. Une idée partagée par Me Adama Fall qui a souligné que Ousmane Sonko, «juge de formation et inspecteur des impôts connaît mieux que quiconque les régies financières. Par conséquent, il sait qu’il n’y avait pas de rapport de l’Igf. Il est de mauvaise foi. Il devait reconnaître son erreur et demander pardon, mais il ne l’a pas fait préférant jeter en pâture Mame Mbaye Niang». Pour Me Baboucar Cissé, ce procès est facile à vider. «Le prévenu se base sur des articles de presse et un livre mais je dois vous dire que la Sen tv, walf et L’As se sont excusés (…) après avoir raconté des conneries, Birahim Seck s’est rapproché du père de Mame Mbaye Niang pour s’excuser», a-t-il affirmé pour prouver l’absence de preuve afin d’asseoir un détournement.
Le parquet n’a pas été satisfait d’un verdict unanimement salué comme clément. Il a donc interjeté appel. Ousmane Sonko aura donc, s’il le désire la prochaine fois, la possibilité de se défendre enfin.












