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Jeux de la Francophonie: les lutteuses sénégalaises doivent faire face aux préjugés

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(rfi.fr)- Alors que la lutte chez les hommes au Sénégal reste un sport populaire qui brasse des millions et galvanisent les supporters, chez les femmes, encore victimes de nombreux préjugés, les lutteuses ont du mal à s’affirmer au pays et s’imposer en dehors. Comme lors de ces Jeux de la Francophonie.

Pour autant, cette sortie prématurée a des allures de grosse déception, voire de petite humiliation, pour les représentantes d’un pays, le Sénégal, connu pour être une terre de lutte et de champions toutes catégories. Seulement, les moyens financiers, la popularité, les sponsors sont exclusivement tournés vers les hommes autant dans la lutte avec frappe que dans la lutte traditionnelle.

Nièces d’Isabelle Sambou

Chez les femmes, la lutte souffre déjà beaucoup du manque d’athlètes intéressées. « Au Sénégal, il n’y a qu’en Casamance qu’on pratique la lutte féminine. Cela fait partie de notre identité. Là-bas, on organise des petits tournois pour tenter de repérer quelques talents », renseigne Evelyne Diatta, ancienne championne de lutte. C’est dans cette partie du sud du Sénégal, qui englobe les deux régions Ziguinchor et Kolda, que sont logiquement originaires quatre des cinq lutteuses sélectionnées pour les Jeux de la Francophonie.

Mama Marie Sambou et Anaïs Diatta viennent du village de Mlomp, à 40km de Ziguinchor. Elles sont surtout les nièces d’Isabelle Sambou, 9 fois championne d’Afrique de lutte et porte-drapeau du Sénégal en 2016 aux JO de Rio. Sambou a inspiré ses nièces qui font quand même face aux préjugés sur la lutte féminine. « Une fille ne devrait pas faire de lutte sinon, elle ne pourra pas enfanter », a déjà entendu Mama Mary souvent traité de « garçon » par ses amis.

À Anaïs aussi, on lui répète qu’elle « ne ressemble pas à une fille ».  « Mes amis me disent que je vais gâcher mon avenir avec la lutte, parce que je vais avoir des muscles et non des formes comme la plupart des femmes », confie la jeune fille de 17 ans qui a débuté la lutte il y a moins de deux ans.

Il y a quelques années, leur tante Isabelle affichait sa fierté d’«être un exemple pour beaucoup de filles ». « Beaucoup de jeunes que je croise me disent pratiquer la lutte grâce à moi », avait-elle confié à RFI. Aujourd’hui, la relève est là, mais elle doit d’abord se battre pour exister.

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