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Le Fesnac en question

D’emblée, il s’avère opportun de rappeler pour la génération actuelle et future, ce qu’est le Fesnac (Festival national des arts et cultures). Il est une manifestation biennale, qui s’est tenue pour la première fois à Thiès en 1997. C’est en 2016 que l’événement est devenu annuel. Le Festival national des arts et cultures est un événement fédérateur qui offre une palette de plateaux artistiques de choix aux populations locales, tout en leur permettant de vivre intensément des moments de communion avec l’ensemble de la famille culturelle. Pour rappel, le Fesnac a pour but «d’encourager l’expression des spécificités culturelles et artistiques de la Nation, tout en mettant en avant leurs éléments de similitude pour la sauvegarde de l’unité et la cohésion nationale».
Cependant, les stratégies de valorisation du patrimoine culturel en vue d’une meilleure vulgarisation dudit évènement, sur le plan national et international, devraient être mieux considérées par les autorités en charge de traduire en actes, la vision du chef de l’Etat en la matière et dans le cadre du Pse. En effet, le Fesnac est un moment privilégié pour récompenser les talents artistiques des différentes régions, mais aussi vulgariser par des circuits de découvertes touristiques, notre riche patrimoine matériel et immatériel existant dans la région d’accueil, ainsi que les biens classés sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Cela contribuerait fortement à faire découvrir aux invités, au-delà des aspects scientifiques, folkloriques des manifestations culturelles et du talent des artistes, la dimension intrinsèque de nos biens culturels classés sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. Une richesse culturelle qui peut servir, à l’image du pétrole, du gaz, de l’or et du zircon, comme un potentiel marché, par le canal du Fesnac, destiné également à mieux vendre l’image du pays sur le plan international.

Pour cela, le ministère en charge de la Culture devrait en principe travailler avec les départements culturels et touristiques, les organisations internationales et sous-régionales, les tour-opérateurs et les magazines spécialisés en vue d’asseoir la dimension internationale du Fesnac pour offrir la possibilité au monde, de découvrir la culture sénégalaise, et favoriser une meilleure circulation des œuvres des artistes sénégalais sur le plan international. A l’image du Masa (Marché des arts et du spectacle d’Abidjan), il faudrait faire du Fesnac un évènement international pour mieux intégrer les grands marchés et mieux huiler nos relations avec les organisations internationales.

Le Fesnac devrait brasser large pour saisir les opportunités internationales en vue d’une meilleure promotion de la destination sénégalaise.

Il s’agit, dans une perspective efficace et efficiente d’une bonne organisation de cet évènement sous-tendu par des enjeux politiques, économiques et sociaux, d’intégrer dans une bonne démarche inclusive, les acteurs et gardiens culturels des terroirs, ainsi que les autorités locales dans les cadres de concertations précédant l’élaboration et la conception des programmes du Fesnac. Une telle démarche inclusive contribuerait inéluctablement à renforcer et consolider les aspects techniques et stratégiques de valorisation du patrimoine matériel, immatériel et du génie créateur de nos artistes.
Alpha Abdoulaye DIACK
Diplômé à l’Ufr Crac/Ugb Saint Louis
Master II en Métier du Patrimoine
Spécialisation Gestion du Patrimoine et Institutions Culturelles
Agent au Mcph (Coordinateur Culture Urbaine)

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