Accueil À la une « Le Sénégal au cœur », une chimère ! (Par Vieux SAVANE)

« Le Sénégal au cœur », une chimère ! (Par Vieux SAVANE)

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Aujourd’hui, démarre le  dialogue voulu par le chef de l’Etat. Mais quelle pertinence à cela, vu qu’il se fera sans les 16 candidats sur les 19 retenus par le Conseil constitutionnel. Et sans certaines grandes organisations de la société civile et autres recalés qui ont décliné l’invitation à un dialogue  sans objet selon eux.  Aussi, qu’il se tienne possiblement ce matin au Cicad une sorte de grand’messe noyée sous les vivats d’une foule bigarrée à la gloire de son Excellence Macky Sall, ne devrait pas surprendre outre mesure. Encore moins un consensus ou plutôt un unanimisme sorti du chapeau voire du foulard de recalés et de représentants sans épaisseur. Comment comprendre en effet que le président de la République  mette le pays dans une telle situation après avoir déclaré urbi et orbi qu’il s’engageait à respecter les recommandations du Conseil constitutionnel ? Pour que nul n’en ignore lui-même expliquait pourtant à bon nombre de ces recalés qu’il avait reçus que les décisions des 7 Sages sont définitives et ne sont  susceptibles d’aucun recours. Comment dès lors expliquer ce jeu qui n’honore pas la parole donnée,  décrédibilise et embrume plutôt les institutions de la République dans le déshonneur. Surtout qu’il faudra, quoi qu’il arrive, retourner au Conseil constitutionnel. Toutefois, en dépit de tous les trous de souris  bétonnés, on fait face à une agitation stérile, une débauche d’énergie négative visant en fait à gagner du temps pour atteindre un objectif qui n’ambitionne nullement d’avoir « le Sénégal au cœur ».  Sacrée parole ! « Bouche rek» comme diraient nos amis et frères ivoiriens pour décrire une parole volatile, à géométrie variable, travaillée par la ruse si ce n’est la tromperie.

A la vérité on se doit de reconnaitre qu’à vouloir trop ruser on finit par s’embrouiller et se retrouver gros-jean comme devant, ayant perdu la main, incapable d’entrevoir les bonnes solutions. Lorsque l’on arrive à ce stade, c’est qu’il temps de s’arrêter et de revenir à la simplicité des choses. A savoir mettre en mouvement les recommandations du Conseil constitutionnel comme le Chef de l’Etat s’y est engagé. Il s’agit tout simplement de repositionner au plus vite le processus électoral, en rapport avec toutes les parties prenantes. En attendant, du fait de ses atermoiements, le chef de l’Etat aura fragilisé son propre camp puisqu’il  lui sera difficile avec un tel passif  de participer à l’animation de sa campagne car ce dernier sera plutôt soumis au risque du « vote dégagiste ». Alors qu’est-ce qui aurait poussé le chef de l’Etat à succomber à un brutalisme sans fards, stoppant net le processus électoral à quelque 10 h de  son ouverture ?

C’est que là aussi, les étoiles ne se sont plus alignés, le prestidigitateur donnant l’impression d’avoir perdu la main, dérouté d’avoir été lâché par les Dieux. Et à vouloir forcer le chemin il ne pourra que le parsemer d’embûches.

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