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Le Sénégal souffre des séquelles de la Covid-19

En conséquence de la hausse de la demande, le rapport de la banque mondiale souligne que l’inflation a atteint 2,2% en 2021, alors que les prix moyens de la composante alimentaires ont légèrement reculé.

Cette baisse, dit-il, s’explique par la bonne production agricole 2020-2021 qui a permis d’alimenter les marchés locaux et de limiter la hausse des prix au premier semestre de 2021. Toutefois, le document constate qu’à partir de juillet 2021, les pressions inflationnistes se sont intensifiées, notamment dans le domaine de produits alimentaires et de l’énergie.

Le déficit budgétaire estimé à 6,3% du Pib

Les plans de réponse à la crise de la  Covid-19 ont aggravé les déséquilibres budgétaires préexistants. Car, note la banque mondiale, après un déficit à 6,4% du Pib pendant la première année de l’épidémie, il est resté quasiment inchangé en 2021, à 6,3% du Pib.
Les principaux facteurs qui ont pesé sur l’aggravation du déficit budgétaire ont été, selon le rapport, les plans de riposte liés à la pandémie de Covid-19 comprenant des subventions, combinés aux restrictions nationales et mondiales qui ont impacté l’activité économique et les recettes de l’Etat.

Selon le rapport, l’effet de répercussion de la hausse des prix internationaux du pétrole sur les tarifs énergétiques nationaux au cours de la période 2020-2021 a également entraîné d’importantes subventions budgétaires, mettant en exergue l’importance de la gestion des risques budgétaires et des évaluations annuelles dans le cadre du processus budgétaire.

La dette du Sénégal a atteint 73,2% du Pib en 2021

Ces dépenses combinées aux plans de riposte dans un contexte de faible pression fiscale ont pesé sur la dette, qui s’élève à 73,2% du Pib en 2021, augmentant de près de 10 points de pourcentage du Produit intérieur brut 2019.

En 2021, le déficit du compte courant s’est creusé passant à 13,3% du Pib contre 10,9% du Pib en 2020. Cette détérioration s’explique par une hausse du déficit commercial. Malgré une augmentation des exportations soutenue par l’or, l’acide phosphorique et les activités de ré-exportations, notamment de produits pétroliers, les importations ont augmenté plus rapidement.

Ces dernières ont notamment été tirée par une hausse de la facture des importations de pétrole et l’augmentation des importations de biens intermédiaires dans un contexte de reprise économiques.

Le déficit de la balance commerciale a été principalement financé par de forts investissements directs étrangers (Ide) liés aux hydrocarbures et par l’émission d’Eurobonds au mois de juin 2021.

Le taux de croissance projeté à 4,8% en 2022

Les moteurs de la croissance seront, d’après la banque mondiale, affectés par le contexte inflationniste en 2022 avec une croissance estimée à 4,8% (2,1% pour le Pib par habitant). Le rapport souligne que le déficit budgétaire devrait s’améliorer légèrement mais en restant supérieur à 6% du Pib, pour une troisième année consécutive en 2022.

Selon Alexandre Henry, l’un des principaux auteurs du rapport, « la politique budgétaire devrait rester expansionniste en 2022 afin de poursuivre et étendre les mesures de soutien aux ménages et à l’économie, en rendant le Sénégal plus vulnérable aux risques budgétaires ».

L’économiste-pays de la banque mondiale au Sénégal indique que les pressions extérieures persisteront en raison de la hausse des prix, notamment ceux des produits pétroliers, ainsi que des importations en capital liées au développement du secteur des hydrocarbures.
Bassirou MBAYE
 
 

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