Le président de la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) a annoncé la mise en œuvre prochaine de la domestication de tous les paiements intra-africains et leur extension à la Communauté caribéenne (Caricom) qui bientôt va adopter le Système panafricain de paiement et de règlement (Papps) comme infrastructure de paiement préférée.
Cette annonce du Pr Benedict Oramah faite à l’ouverture officielle des festivités du 30ème anniversaire de l’institution ce lundi 19 juin 2023 à Accra, a fait exulter des panafricanistes comme Wole Soyinka qui a effectué le déplacement d’Accra pour rappeler à la jeune génération l’esprit qui animait les concepteurs du développement du continent par ses ressources et sa souveraineté monétaire.
Cette décision sonne comme un jalon majeur posé dans le combat consistant à porter les échanges intra-africains à 10% à l’horizon 2030.
Beaucoup d’observateurs ayant pris part à ces assises de la capitale ghanéenne se disent optimistes et y voient un début de la concrétisation de la Zone de libre-échange continentale (Zlecaf) et l’ouverture vers les autres diasporas africaines. Ceci est d’autant plus vrai que l’Association des banques centrales africaines travaille d’arrache-pied pour une intégration complète des économies africaines et CARICOM.
Le patron d’Afreximbank se réjouit du fait que le système Panafricain de paiement et de règlement (Papss) soit opérationnel. Ce qui, à son avis, permettra au continent d’économiser cinq milliards de dollars américains en transferts intra-africains.
Le Pr Oramah assure que cela accélérera également les paiements pour le commerce intra-africain en devises africaines.
Il faut rappeler que pour les pionniers de l’Unité africaine, il était question ainsi d’établir d’une part, une Union panafricaine des paiements et de la compensation, et d’autre part, établir un tarif extérieur commun pour protéger les industries émergentes et créer un fonds de stabilisation des prix des matières premières.
Ils y avaient greffé la nécessité de développer les échanges intra- africains par l’organisation et la participation aux foires et expositions africaines et par l’octroi de facilités de transport et de transit, sans oublier la nécessité de libérer progressivement les monnaies nationales de toutes les attaches extérieures non techniques et de créer une zone monétaire panafricaine.
Le patron d’Afreximbank assure que pendant soixante ans, cette feuille de route bien articulée est restée une carte et a pris de la poussière. « Mais grâce à la vision des dirigeants africains qui ont fondé Afreximbank, il y a 30 ans, un par un, ils sont livrés dans le cadre de « Team Africa », comprenant l’Union africaine et ses agences, le secrétariat de le ZLECAf et Afreximbank en tant que banquier de soutien. »
C’est dans ce cadre que l’institution panafricaine d’import-export a organisé et participé à introduire des foires commerciales intra-africaines biennales (Iatf , notamment en 2018 en partenariat avec l’Union africaine).
Elle a également préfinancé l’organisation des salons, dont deux se sont tenus au Caire, en Egypte et à Durban, en Afrique du Sud, attirant un total d’environ 40 mille visiteurs et environ 75 milliards de dollars de transactions.
Avec l’adhésion du secrétariat de la ZLECAf au partenariat après sa création, souligne M. Oramah, l’Iatf, baptisée le marché de la zone de libre-échange, est devenu le plus grand rassemblement d’entreprises et de commerçants africains. D’ailleurs, il annonce que la troisième édition se tiendrait au Caire du 9 au 15 novembre 2023.
Selon lui, parce que l’Afrique avait Afreximbank, qu’un système régional intégré de garantie de transit pour le continent a vu le jour, pour faciliter la circulation des marchandises à travers les 110 frontières qui cloisonnent l’Afrique.
Dans le cadre du programme, poursuit-il, les marchandises pourraient traverser plusieurs frontières africaines sous une seule obligation de transit, ce qui réduirait considérablement les retards aux frontières et les coûts de transit.
Le plaidoyer de Dangoté, Nana Akufo-Addo, Mahamadou Issoufou, Didier Drogba…
Après 30ème années d’exercice d’Afreximbank, une nouvelle fenêtre s’ouvre ainsi sur les échanges intra-africains.
Compte tenu du contexte actuel marqué par des crises comme la Covid-19, la guerre en Ukraine, entre autres, des figures africaines jugent nécessaire la réussite de la ZLECAf.
Aliko Dangote estime que « l’Afrique doit impérativement réussir la ZLECAf ». Le président de Dangote Group pense que cette initiative africaine qui commence à porter ses fruits est la voie du salut pour atteindre les Objectifs de développement et de résilience économique à l’aide du commerce.
L’ancien président du Niger, Mahamadou Issoufou, toujours engagé dans les combats en faveur de l’Afrique, s’est félicité du coup d’accélérateur que la ZLECAf va donner à l’ambition de réaliser une souveraineté alimentaire dans le continent. « Il est temps ( clame-t-il) « que le continent puisse se nourrir, et qu’une concentration sur l’agriculture et l’agro-industrialisation conduirait également à la création d’emplois ».
Ce « champion de la ZLECAf » a ainsi félicité Afreximbank pour son soutien au projet de la zone de libre-échange. Il rappelle que la ZLECAF qui a un volet fourniture de personnel indispensable, et le Fonds d’ajustement de la ZLECAf pour aider les pays à s’adapter à l’initiative continentale et à améliorer leur capacité à être compétitifs dans le nouveau régime commercial, a bénéficié d’un appui de la banque à hauteur de 1 milliard de dollars.
D’ailleurs, le président de la République du Ghana requinqué par l’initiative a promis de soumettre à ses pairs africains la question de renforcer la coordination entre les institutions financières africaines pour mieux répondre aux aspirations des populations.
Cet appel a été lancé devant les chefs d’Etats du Zimbabwe, M. Emmerson Mnangagwa ainsi que ceux des Iles Comores, de Malawi, sans oublier l’ancien président Olusegun Obasanjo du Nigéria, l’ancien premier ministre d’Ethiopie, Hailemariam Desalegn, les pays des Caraïbes devenus membres à part entière d’Afreximbank suite à la signature de conventions de partenariat avec l’établissement.
Pour le locataire du Jubilee House (nom du Palais présidentiel ghanéen, ndlr), réaliser les aspirations des pères fondateurs en matière de développement, passe par le renforcement des ressources des institutions financières africaines.
Dans cette foulée, le chef de l’État du Ghana appelle la Commission de l’Union africaine à faire de sorte qu’Afreximbank soit admise à un statut spécial à l’UA en reconnaissance de son rôle et de ses contributions au continent.











