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Limogeage de Diouf Sarr : Chronique d’un système où les ministres ne savent pas démissionner

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Le périple a été long. Le supplice si grand pour les populations sénégalaises au moment où Abdoulaye Diouf Sarr et son staff étaient les derniers à voir que le secteur de la Santé, au Sénégal, souffrait à l’agonie.

Devant de nombreuses carences notées de part et d’autre, personnels de santé, syndicalistes et patients ont, désespérément, réclamé le départ de Diouf Sarr, un dirigeant atypique, un ministre qui, apparemment, n’a jamais mesuré l’ampleur des dégâts collatéraux de sa mauvaise gestion à la tête d’un département sensible où le Chef a préféré le nommer parce qu’il fut un politique applaudi. Mais en même temps, il mettait en péril la vie de millions de sénégalais. Car, l’on se demandait, dans un moment crucial, si cet homme savait le sens du mot Responsabilité.
Si l’on sait, en outre, qu’il avait bel et bien reçu des notifications sur la situation, pas du tout rassurante, de l’hôpital Mame Abdou Dabakh. Ce qui avait d’ailleurs poussé l’association « La jeunesse consciente de Tivaouane » à organiser un téléthon dont les fonds récoltés devaient servir à apporter de l’aide dans cet hôpital. Et c’est lui-même qui avait instruit de bloquer cette initiative… Puis, sans suite !

Mais qu’est ce qui s’est donc passé dans la tête de Diouf Sarr pour qu’il ait attendu son limogeage après un événement aussi dramatique ? A quoi s’attendait-il en s’empressant de mettre une aussi grosse responsabilité sur le dos de la Sénélec ?
L’on est tenté de se dire, sans buter et avec désolation, que ses résultats en politique devaient être les seuls fondamentaux de son « cahier de charge » en ce qui concerne sa collaboration avec Macky Sall, tant sa froideur est manifeste dans tous ces épisodes. Et qu’en est-il de la mission envers le peuple ?

Nul besoin de revenir sur les scandales qui se succédaient et ne se ressemblent pas, depuis sa nomination, en 2017, et qui ont pris une ampleur effroyable pendant la dernière année en cours. Du décès, tout aussi, tragique de quatre bébés à l’hôpital de Linguère, en Avril 2021, jusqu’au départ précipité d’un autre bébé, asphyxié à mort dans un carton, à l’hôpital de Kaolack (où une aide-soignante s’est sentie obligée de délivrer un certificat de décès à la place d’un médecin), en passant par la mort tragique de Astou Sokhna à Louga, le secteur de la santé est passé pour être le plus préoccupant aussi bien pour les praticiens que pour les populations.
Dans un moment pénible, Diouf Sarr, avide de pouvoirs, a poussé son mentor à lui infliger une sortie peu glorieuse. Ce dernier, épuisé par tant de scénarii, également en homme averti devant les soupirs d’un peuple en détresse, a préféré vite éteindre le feu.

Il faut dire que le désormais ex ministre de la santé était dans le viseur de Macky Sall depuis sa disgrâce lors des Locales, dans son propre fief à Yoff puis dans le département de Dakar. Il avait, en réalité, signé sa fin de mission. Ainsi, Macky Sall avait-il encore le droit de le maintenir, de mener un quelconque calcul au détriment de la vie des sénégalais ? Hélas !
Dans un pays normal, Abdoulaye Diouf Sarr aurait démissionné certes avant qu’on ne le vire. Seulement, il était certainement loin de se douter que son « chef de parti » en arriverait là, tant la culture de la démission et de la sanction est peu présente dans les rangs du pouvoir en place. Toutefois, ils doivent être, tous, désormais conscients que les choses ont peu à peu changé. L’heure est grave. Ceci doit servir de reflet aux autres. Et comme sous d’autres horizons, les sénégalais exigent le respect au même titre que des soins de qualité. Ce n’est pas trop demander.
L’on se souvient, en 2019, en Tunisie, le ministre de la Santé, Abderraouf Chérif, avait démissionné après la mort de onze bébés due à une infection nosocomiale. Il était mis devant le fait de son échec au moment où il avait encore en ligne de mire la sacralité de sa seule mission qui était d’apporter un mieux-être à son peuple. Tel doit être le crédo de la nouvelle ministre de la Santé, le Dr Marie Khémesse Ngom Ndiaye dont la nomination apaise et devrait, d’emblée, rétablir la confiance entre les populations et le personnel de santé. Bon vent Docteur !

Diouma SOW

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