L’écriture libre est en train de s’exprimer à travers les réseaux sociaux. «Touthème», une plateforme de partage de ces écrits, est en train de participer à son essor en permettant l’émergence de beaucoup de chroniqueurs et d’écrivains qui ont eu à se confronter à l’occasion de la 2e édition du concours «Touthème».
Par Amadou MBODJI – Un nouveau courant littéraire africain est né depuis quelque temps. C’est l’écriture libre, qui tire sa substance des réseaux sociaux. «Depuis 2015, nous assistons à la révolution d’une culture littéraire portée par les jeunes dans les réseaux sociaux. Aujourd’hui, les plus grands sites de l’Occident sont alimentés par des chroniqueurs africains et pourtant, ils sont moins valorisés que leurs pairs. Mais à partir de 2018, avec des millions de lecteurs sur leurs pages, les chroniqueurs ont commencé à être reconnus et sollicités. Les séries à succès provenant des chroniques africaines ne sont que la partie visible de l’iceberg dans le monde de l’écriture libre», affirme Mme Ndiaye Ndèye Marème Diop, directrice de Touthème, une plateforme qui s’est donné pour mission de servir de vitrine à cette écriture libre. «C’est dans l’optique de cette mutation littéraire que le site Touthème a été créé en 2021, pour manager ces écrivains de type nouveau, pour qu’ils puissent vivre de leur art», rappelle la directrice de Touthème. «Le monde évolue avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication», soutient Mme Diop, qui indique que «s’adapter à cette réalité devient donc une nécessité pour mieux répondre aux besoins des lecteurs». «C’est pourquoi, soucieux du développement de notre pays, nous avons lancé en 2022, une application mobile afin de donner plus de facilité et d’efficacité à l’accès à la lecture et à l’écriture libre. Et le concours d’écriture Touthème a été instauré comme source de motivation dans le but de faire éclore certains talents. Nous pouvons donner comme exemple, la nouvelle collection de contes de cette année, écrite par deux candidats du concours de l’année dernière, à savoir Marème Diouf et Alpha Diallo», souligne-t-elle.
Aujourd’hui, la tendance est tournée vers la production cinématographique, qui constitue un des objectifs majeurs de Touthème, soutient Marème Diop. «Un nombre faramineux de défis se pointe à l’horizon. Nous nous armons de patience, de persévérance, d’humilité, de volonté et des partenaires qu’il faut pour y arriver», fait remarquer la directrice de Touthème, qui dit être convaincue qu’avec ses collaborateurs, «tous ces objectifs seront atteints». Parlant de la 2ème édition du concours Touthème, Mme Diop de souligner que celui-ci «a pour objectif de montrer les talents d’Afrique, les nouveaux talents d’Afrique qui sont dans l’écriture libre, c’est-à-dire l’écriture que l’on retrouve dans les réseaux sociaux et un peu partout». Plus de deux cents écrivains ont postulé au concours d’écriture de cette édition, avec au bout du compte une cinquantaine de candidats sélectionnés pour les trois catégories que sont le conte, la nouvelle et le roman. «Nous avons quatre prix : le prix du roman, qui est doté d’un million de francs Cfa, deux prix pour la nouvelle parce qu’il y avait 35 candidats, 500 mille francs pour le 1er et 250 mille francs pour le deuxième. Et enfin, le prix du conte, avec à la clé 400 mille francs Cfa», renseigne la directrice de Touthème, qui dit afficher sa satisfaction de voir la participation de candidats issus d’autres pays africains. «Le premier prix en conte a été gagné par un Sénégalais, mais qui vit en France. Le premier prix du roman a été gagné par un Ivoirien. L’autre par un Béninois pour montrer toute cette diversité. Le premier prix de nouvelle a été gagné par un Sénégalais, qui est venu de Saint-Louis pour le récupérer», ajoute-t-elle.
5000 Ebook vendus
«J’ai 3 mille lecteurs sur les réseaux sociaux. Ça m’a permis de vendre plus de 5 mille Ebook ; et je sais que beaucoup d’écrivains ne vendent pas autant. Je ne suis pas la seule, il y a tellement de chroniqueuses célèbres sur les réseaux sociaux, mais nous ne sommes pas connues. Et donc surtout, on a voulu montrer que nous existions, parce que non seulement nous existons à travers ce concours, à travers les milliers de chroniqueurs qui ont participé, mais surtout parce que nous avons quelque chose à montrer, à donner. Comme j’ai l’habitude de dire, nous sommes à l’écriture ce que le rap est à la musique», argumente Mme Diop. La remise des prix aux vainqueurs de cette 2e édition du concours Touthème s’est tenue à la Place du Souvenir de Dakar. Dans la catégorie conte, c’est Marie Elise Gomis du Sénégal qui a remporté le jackpot avec son livre Le jeune homme qui cherchait la rivière. Dans la catégorie nouvelle, c’est Des larmes innocentes de Issouf Coulibaly du Burkina Faso qui a obtenu le 2e prix, L’exil avorté de Serigne Filor du Sénégal obtenant le 1er prix. Elle ou toi de Jean-Cristiand Cequah N’cho de la Côte d’Ivoire s’adjuge le prix dans la catégorie roman.
ambodji@lequotidien.sn












