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Loi sur les sachets plastiques : «Andandoo Bayyi Plastik» relance le plaidoyer un an après

lesoleil.sn

Plus d’une vingtaine d’associations de la société civile se mobilisent pour remettre sur la table la question de la loi relative sur les sachets plastiques. La campagne #StopPlastiqueSN est ainsi lancée pour sensibiliser les Sénégalais.

Mettre la pression à l’Etat pour rendre effective la loi sur le plastique. C’est le pari que s’est lancé la coalition «Andandoo Bayyi Plastik» plus connue sous le nom de Stop plastique SN regroupant une vingtaine d’associations et de privés travaillant dans le domaine du recyclage des déchets plastiques. Une campagne lancée depuis le 15 avril coïncidant à l’An 1 de la loi n°2020-04 portant sur «la prévention et la réduction de l’incidence des produits plastiques sur l’environnement», votée le 8 janvier 2020 et entrée en application ce lundi 20 avril 2020.

Cette coalition entend mettre à profit stratégies et moyens pour expliquer aux populations les enjeux de la loi. Djibril Niang, le directeur de Jeunes Volontaires pour l’Environnement (Jve-Sénégal) comme pour la plupart des organisations de société civile veulent «booster les acquis que nous avons». Le but de la campagne digitale est avant tout «d’alerter et mobiliser les acteurs de l’environnement notamment le ministre de l’environnement sur ce qui semble être un immobilisme de nos dirigeants depuis l’entrée en vigueur de cette loi» indique Alexandre Gubert Lette, coordonnateur de Teranga Lab qui ajoute qu’il «y a eu un contexte assez particulier en 2020 avec la pandémie de la Covid-19 et tout son lot d’emplois perdus, mais les lois sont faites pour être appliquée et celle-ci en particulier répond à une urgence environnementale car le péril plastique au Sénégal est un fléau qu’il faut combattre».

La sensibilisation
Pour les initiateurs de ce combat, Le changement de comportement est possible grâce à l’éducation à une consommation responsable. Mais il faut d’abord rencontrer les autorités pour ainsi discuter de l’application stricte de cette loi. Djibril Niang, le directeur de Jve-Sénégal estime que c’est le moment de «relancer les plaidoyers pour l’application des décrets d’application. Cela prend du temps. On sait qu’il y a des problèmes, des blocages. C’est pourquoi on veut rencontrer les parties prenantes et remettre la question de la loi sur la table pour qu’on puisse prendre les bonnes décisions et avancer sur les décrets d’application».

La coalition «Andandoo Bayyi plastik » (ensemble pour abandonner l’usage du plastique, en wolof) s’est bien outillée pour proposer des solutions afin de lever toutes contraintes auxquelles se butent cette loi. Le directeur de Jeunes Volontaires pour l’Environnement informe qu’ils ont engagé un consultant pour «formuler des recommandations par rapport à la loi pour leur expliquer les failles et les avancées et mais pour les accompagner à concrétiser la vision du Président qui veut faire du Sénégal un pays propre».

Un défi très possible selon Alexandre Lette qui soutient que «des alternatives existent contre l’usage du plastique». Le coordonnateur de Teranga Labs rappelle que «nos mamans, il y a 20 ans ou 30 ans en arrière, utilisaient la calebasse pour faire les courses au marché. C’est pour dire que dans note sociologie de consommation, le plastique n’est pas si vieux que ça».

Plaidoyer
Après les plaidoyers, un autre volet vient corser la campagne : la sensibilisation. Il s’agit de mener une opération de communication afin d’expliquer les dangers de l’utilisation des sachets plastiques. Le choix d’opter pour une campagne digitale s’explique par le fait que Internet est «pour nous, un terreau fertile pour l’émergence d’une conscience citoyenne et écologique» selon Alexandre Gubert Lette. Les activités de la campagne sont impulsées à travers les hashtags #StopPlastiqueSN et #Andandoobayyiplastik. Djiby Niang directeur Jve mise sur les jeunes «pour qu’ils soient des relais pour sensibiliser dans leurs familles respectives», dit-il : «si les populations comprennent les dangers et disent non au plastique. C’est une bonne chose. Mais malheureusement, ce sont elles qui sont en train de réclamer les plastiques dans les boutiques. Ce sont également ces populations qui sont présentes sur les réseaux sociaux».

La musique a été mise à contribution dans cette campagne. Le rappeur Ndongo D est réputé être un artiste engagé au service de l’environnement et membre du mythique groupe de rap Daara J Family participe activement à cette campagne à travers 5 inédits podcasts. Ce sont des titres qui sensibilisent sur les méfaits du plastique au Sénégal. En plus de cela, des conférences en ligne avec les acteurs de l’écosystème de la lutte contre les déchets plastiques sont organisées.

La campagne sera l’occasion de célébrer les 15 ans de lutte de l’activiste «Modou Mbouss» contre le péril plastique. Cheikh Abdou Khadir SECK

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