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Mali : L’insécurité compromet l’avenir de 400.000 enfants

L’insécurité a eu des répercussions sur le système éducatif au Mali. Du moins c’est ce qui est ressorti du discours de la Directrice pour le Mali de la Banque Mondiale, Soukeyna Kane. Elle s’exprimait lors des travaux de la 21ème édition du Forum de Bamako. « La menace sécuritaire a conduit à la fermeture de plus de 1.300 écoles et la déscolarisation de plus de 400.000 enfants », a informé Soukeyna Kane. Elle a été confortée dans ses propos par le Directeur de l’Unfpa pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Mbabingué Ngom.
Selon ce dernier, dans la zone du Liptako-Gourma, c’est 55% des enfants de 8 à 14 ans qui ne vont pas à l’école. Cette situation a poussé les experts à se poser la question suivante : « Comment assurer l’avenir de ces pays, si leur jeunesse n’est pas éduquée ? La solution préconisée par Mbabingué Ngom, c’est d’investir dans le capital humain en donnant la chance aux jeunes d’avoir des qualifications, des compétences et connaissances pour répondre aux défis du développement. « Mais au-delà de la croissance économique et de la réduction des inégalités sociales, les investissements dans le capital humain permettent, entre autres de favoriser une cohésion sociale forte : c’est comme cela que la résilience des jeunes sera renforcée », a signifié Mbabingué Ngom.

Au regard de ces conséquences préjudiciables, le gouvernement de transition a récemment approuvé un programme décennal complet d’éducation nationale, (2019-28). Cette nouvelle orientation sera soutenue par la Banque mondiale qui apportera son concours à la mise en œuvre d’un programme décennal qui mettra l’accent sur la scolarisation des filles issues du milieu défavorisé, avec une approche qui utilisera les innovations technologiques. En plus de la déscolarisation, au Mali, un enfant sur trois de moins de 5 ans souffre de malnutrition. « C’est ce qui explique qu’un enfant né au Mali aujourd’hui n’aura que 89% de chance d’atteindre son cinquième anniversaire » a rapporté la Directrice des opérations pour le Mali de la Banque mondiale. Selon Soukeyna Kane, cette situation alarmante a donné lieu à des réformes importantes dans le but d’améliorer les soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans. C’est dans le sens qu’il est prévu de réorganiser le système de soins primaires et d’étendre le réseau d’agents de santé communautaire. Aujourd’hui, il est difficile de venir en aide aux ménages vulnérables à cause de l’absence d’un système intégré de protection sociale, d’un manque de coordination, d’un déficit de données actualisées.

Risques d’augmentation des grossesses précoces

Les spécialistes redoutent que la fermeture des écoles n’entraine une augmentation des grossesses de 65 % au Mali où le taux de fécondité est de 6, 3 naissances par femme. « C’est le taux de fécondité parmi les plus élevés au monde. Ce niveau de fécondité fragilise les mères et les enfants, réduisant le potentiel de capital humain des générations futures et limitant leur capacité à trouver des emplois rémunérateurs », s’alarme la représentante de la Banque mondiale.

E. KALY ( Envoyé spécial)-lesoleil.sn

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