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Marche moussante de Thiès : le variant britannique impose les masques

Au marché Moussanté de Thiès, commerçants et tailleurs prennent de plus en plus au sérieux la pandémie de Covid-19. Beaucoup sont aujourd’hui conscients de sa dangerosité et s’efforcent de respecter davantage les mesures de prévention.

Depuis quelques semaines, le nombre de malades décédés de la Covid-19 a augmenté de façon considérable. Les cas de contaminations aussi. Selon des spécialistes, le variant britannique, plus contagieux et plus mortel, est détecté au Sénégal. À Thiès, l’une des villes du pays où le virus circule le mieux, ce n’est pas l’information qui manque à propos de la nouvelle souche. Les occupants se protègent davantage. « Il est dit que ce variant est plus contagieux et tue plus de monde. Rien de ce que les gens disent sur la pandémie ne nous échappe. Nous avons presque tous des téléviseurs dans nos boutiques et ateliers », s’empresse de dire Matar Diop, un tailleur œuvrant au marché Moussanté de Thiès. Ce quinquagénaire pense que ce qui reste à faire, aujourd’hui, c’est la prière. Car, il croit savoir que les pistes de solutions sont en train d’être épuisées. « Pour dire vrai, dans ce marché, les gens ne badinent plus avec le port du masque depuis quelques temps. Ce qui nous est difficile, c’est le respect de la distanciation physique. Tu as pu constater que les ateliers sont tellement étroits que se mettre à 1,5 mètre de distance les uns des autres est presque impossible », se justifie-t-il. Non sans exprimer la peur qui le guette en quotidien depuis que les choses se sont aggravées. « Il ne se passe pas un jour sans qu’on m’annonce un décès. La maladie est en train de faire des ravages. C’est nier l’évidence que de dire que la maladie n’existe pas. Personnellement, j’ai cessé d’aller dans les rassemblements inutiles. La seule chose que je ne peux pas ne pas faire, c’est d’aller à la mosquée », soutient le patron de l’atelier de couture.

Son voisin, Adama Cissé, tient une boutique « Prêt-à-porter ». Il faisait partie de ces gens qui ne croyaient pas à la maladie jusqu’à une période récente. « Il y a quelque chose d’anormal qui se passe dans le pays. Il n’y a jamais eu autant de morts en une année à ma connaissance. On a l’impression que les médias ne font que de la nécrologie. Au début, je croyais que c’était pour faire peur à la population. Mais maintenant, je crois fermement à l’existence de cette maladie. Je n’enlève mon masque que quand je suis seul dans la boutique », déclare ce jeune, originaire du Saloum. Il dit même contribuer à la sensibilisation de ses proches. « Nous devons tout faire pour épargner les personnes âgées. Personnellement, j’ai été élevé par mes grands-parents. Nous devons préserver ces gens parce que les choses commencent à prendre de l’ampleur. Ils sont indispensables à la société », alerte le jeune Cissé.

Ousseynou Niasse, vendeur de téléphones portables, non loin de la station, vers Diamaguène, embouche la même trompette. Selon lui, les choses commencent à se compliquer. Par conséquent, tout le monde doit s’impliquer dans la riposte. « Je pense que le gouvernement doit revoir sa stratégie, parce que les gens ne sont pas fous, et personne ne veut mourir ni perdre un proche. Tout le monde voit ce qui est en train de se passer. Il faut mettre les gens devant leurs responsabilités, je pense que c’est plus efficace que les mesures qui sont prises comme le couvre-feu et la fermeture des marchés à 18h. Parce que d’habitude, les gens aiment défier l’État », pense-t-il.

Avec le rebond des cas de contamination à la Covid-19, des efforts sont constatés dans le port du masque dans ce lieu de commerce. Le respect de la distanciation physique reste, pour le moment, le maillon faible de la riposte.

Ndiol Maka SECK- lesoleil.sn

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