A l’instar de certaines villes, Mbour a basculé aussi dans une sphère de violence. Des jeunes sortis de nulle part ont pris d’assaut le rond-point Mamadou Diop pour brûler des pneus. Pendant plus d’une heure, ces jeunes ont bloqué la circulation, obligeant les automobilistes à passer par d’autres voies pour continuer leur chemin. Mais, cette manifestation sera de courte durée car les Forces de défense et de sécurité n’ont pas mis du temps pour arriver sur les lieux. Ces derniers ont d’ailleurs usé de grenades lacrymogènes pour repousser les auteurs de cette violence. Il s’en est suivi des jets de pierres contre des tirs de grenades lacrymogènes.
Les commerçants situés sur cet axe ont vite fermé boutique pour rentrer chez eux. Même trouver un moyen de transport est difficile. Les boutiquiers et autres gérants de petits commerces ont tous baissé rideau.
Lorsque le rang des manifestants a commencé à grossir, les Forces de défense et de sécurité, ayant appris la leçon des événements de mars 2021, ont vite fait d’aller devant le supermarché Auchan pour éviter que les manifestants n’y arrivent. Ils ont finalement réussi à circonscrire les assauts des manifestants, en faisant revenir le calme et la sérénité sur cet axe. Après cet évènement, la police a traqué les manifestants. Finalement, deux jeunes appartenant au parti Pastef ont été arrêtés. Ils sont accusés d’être les responsables de cette violence. D’ailleurs, dans le cadre de ces interpellations, Saër Kébé, élève au Lycée Demba Diop, qui avait été arrêté il y a de cela quelques années pour «apologie du terrorisme», a été interpellé, lui aussi dimanche matin, par des policiers en tenue. Au cours de l’interrogatoire au Commissariat, ces derniers prétendaient avoir des informations indiciaires sur lui, à savoir la distribution de l’essence aux manifestants, la préparation des cocktails de gaz chez lui, entre autres.
Des accusations balayées d’un revers de main par l’interpellé, qui a fait savoir aux enquêteurs qu’il était à Dakar pour des raisons administratives pendant les jours de manifestations.
Il a été certes libéré, mais la police lui a demandé d’être à sa disposition.
Par Alioune Badara CISS – abciss@lequotidien.sn












