Après son arrestation dans le cadre du meurtre de la Franco-Sénégalaise, Anne-Marie Rosalie Ngom, dans son domicile sis au quartier «Les Aigrettes» dans la commune de la Somone, Mamadou Moustapha Diop a réussi à s’évader moins de 20 jours après son inculpation. Il a pris la tangente en compagnie d’un autre détenu nommé El Hadji Sarr. A la Mac de Mbour, les gardes sont sur les dents.
ALIOUNE BADARA CISS – La Maison d’arrêt de Mbour serait-elle sans surveillants ? Elle est devenue une passoire. Après Modou Diouf alias «Diockel» et Aliou Sow, respectivement poursuivis pour viol et meurtre et en détention provisoire depuis plus d’une année, qui avaient réussi à se fondre dans la nature le 1er octobre 2022, une autre évasion s’est produite encore hier vers les coups de 4h du matin. Il s’agit de Mamadou Moustapha Diop, âgé de 22 ans, qui est devenu tristement célèbre d’ailleurs pour avoir tué la Franco-Sénégalaise, Anne-Marie Rosalie Ngom, dans son domicile sis au quartier «Les Aigrettes», situé dans la commune de la Somone. C’était en début janvier 2023. Lui et son acolyte, Moussa Diop, ont été inculpés et placés en détention préventive depuis le 10 janvier dernier suite à leur face-à-face avec le juge d’instruction du premier Cabinet près le Tribunal de grande instance de Mbour.
La traque lancée
Après 17 jours passés à la Maison d’arrêt et de correction de Mbour (Mac), il a réussi à prendre la clé des champs avec un autre détenu du nom de El Hadji Sarr, né en 2002 à Thiadiaye, qui est un apprenti-camion. Mamadou Moustapha Diop et Moussa Diop ont été écroués pour association de malfaiteurs, vol commis en réunion avec usage de moyen de locomotion, escalade, effraction et violences ayant entraîné la mort de la Franco-Sénégalaise Anne-Marie Rosalie Ngom.
Le jeune Mamadou Moustapha Diop n’est pas à ses premiers coups dans le grand banditisme. Interpellé à cinq reprises dans des vols, ce jeune homme avait tenté de fuir lors de sa garde à vue à la Brigade de recherches de Saly. Mais, il s’était heurté à la vigilance de ces gendarmes, qui ont très vite anéanti ses espoirs. C’est sous bonne escorte qu’il a été conduit devant le juge d’instruction du premier Cabinet près le Tribunal de grande instance de Mbour, qui lui a tout bonnement décerné un mandat de dépôt compte tenu de la gravité des faits.
Aujourd’hui, l’Administration pénitentiaire est sur les dents. Elle a déployé également tous les moyens pour arrêter ces deux prisonniers fugitifs. Elle saura comment l’évasion s’est produite : ont-ils bénéficié de complicités ? Ont-ils simplement profité des failles du système ? Autant de questions qui montrent que les autorités judiciaires et pénitentiaires doivent se pencher sur la situation de la prison de Mbour.
Cette évasion spectaculaire de ces deux jeunes détenus repose avec acuité la question de la sécurité à la Mac de Mbour. Le nombre de détenus dans cette prison ne facilite pas la tâche aux gardes pénitentiaires. D’ailleurs, en octobre 2022, les détenus avaient observé une grève de la faim. Ces pensionnaires de l’établissement pénitentiaire contestent la diminution drastique et même une suspension des heures de promenade. Ils dénoncent également les sévices qu’auraient subis des occupants de la Mac de Mbour.
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