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Mbour – Pour résorber le déficit de techniciens en appareillage : 20 orthoprothésistes formés

Pour faire face au déficit de techniciens en appareillage, 20 orthoprothésistes ont été formés à l’Institut supérieur d’étude paramédicale de Mbour. C’est une façon pour les autorités de continuer à appuyer les personnes vivant avec un handicap pour construire davantage une société inclusive.

Par Alioune Badara CISS – Le Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3Fpt), en partenariat avec l’Institut paramédical de Mbour (Isem) et la Fédération sénégalaise des associations des personnes handicapées, a célébré la Semaine nationale du handicap à Mbour. La Directrice générale du 3Fpt milite en faveur d’une société plus inclusive et solidaire grâce à des investissements plus importants dans le secteur. «En 2016, par le financement de la formation, 22 jeunes autistes et trisomiques ont été formés en arts visuels, aux métiers du numérique et en arts plastiques à l’Ecole nationale d’administration (Ena) de Dakar», rapporte Mme Sophie Diallo. Elle ajoute : «Cette formation d’une durée de 4 ans s’élevait à hauteur de 100 millions 672 mille F Cfa. A date, ce sont au total 1176 personnes en situation de handicap, dans plus de 7 régions, qui ont bénéficié de l’intervention du 3FPT pour un montant total de 625 millions 485 mille 699 F Cfa. Plus de 20 filières sont mobilisées à savoir : agriculture, fabrication de kit solaire, transformation des fruits et légumes et bien d’autres. En effet, dans le cadre de la politique d’équité sociale et territoriale, nous avons mis en place depuis 2019, un programme dédié au financement des couches vulnérables. Ce programme a pour objectifs de renforcer leurs capacités techniques et entrepreneuriales en vue de faciliter leur insertion ou réinsertion dans la vie économique.»

En plus de ces financements, elle a souligné également qu’un programme de Certificats professionnels de spécialisation (Cps) et un programme de formation qualifiante de courte durée qui permettent aux personnes en situation de handicap, sans travail, avec ou sans diplôme, de suivre des cycles de formation-adaptation à l’emploi en vue d’acquérir des qualifications professionnelles pour faciliter leur insertion sociale et économique dans divers secteurs porteurs d’emplois.

Toutefois, elle précise que l’insertion socio-professionnelle et l’indépendance financière de toute personne en général, et particulièrement des personnes en situation de handicap, passeront par l’apprentissage d’un métier. «C’est pourquoi nous sommes ravis de pouvoir continuer à soutenir les projets de formation portés à notre attention, à l’image de la formation de 20 techniciens orthoprothésistes que nous ouvrons aujourd’hui dans les locaux de l’Institut supérieur d’étude paramédicale de Mbour. Cette formation, financée sur trois ans à hauteur de 120 millions F Cfa, intervient dans un contexte relativement sensible, compte tenu du déficit de ressources nationales formées ou convenablement outillées pour assumer le relais et les charges qu’implique une telle spécialité médicale», précise-t-elle.

Par ailleurs, le président de la Fédération ouest-africaine des personnes handicapées a rappelé que le rapport de l’Oms et de la Banque mondiale a estimé à 15,5% les personnes handicapées au Sénégal, ce qui représente 3 millions de la population. Et les deux millions sont constitués presque de handicapés moteurs. «Donc, cette couche a besoin de prothèses, de béquilles, de fauteuils roulants pour pouvoir garantir leur participation à la société. Et le diagnostic a révélé que le premier problème prioritaire auquel les personnes handicapées sont confrontées au Sénégal, c’est justement l’accès à l’appareillage. La plupart de ces outils sont importés et coûtent trop cher.» Il enchaîne : «Le plus grave c’est qu’au Sénégal, on n’avait plus de techniciens qui pouvaient fabriquer des prothèses ou des appareils orthopédiques et on avait même des difficultés pour les personnes handicapées habitant les régions de pouvoir se faire réparer leurs appareils. Ces personnes étaient obligées de venir à Dakar parce qu’il n’y avait plus de techniciens orthoprothésistes car le dernier à être formé l’a été en 2004 et il vient de quitter le Sénégal pour rejoindre le Cicr», déplore Yatma Fall qui se réjouit de la formation de ces 20 techniciens supérieurs orthoprothésistes.
abciss@lequotidien.sn

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