Les patrons des entreprises de presse sont appelés à veiller à une meilleure connaissance et à l’application des dispositions réglementaires sur l’égalité des genres. Ce, dans le but de lutter contre le déséquilibre de la représentation des genres dans les médias. Cette question a fait l’objet d’un atelier les 23 et 24 janvier derniers à l’initiative du Réseau inter-africain pour les femmes, médias, genre et développement (Famedev).
Par Dieynaba KANE – Mettre fin au déséquilibre de la représentation des genres dans les médias requiert une meilleure connaissance et une application effective des dispositions réglementaires sur la question. C’est ce qui est sorti des échanges dans le cadre d’un atelier de deux jours organisé par le Réseau inter-africain pour les femmes, médias, genre et développement (Famedev). L’organisation a voulu, lors de cette rencontre à laquelle étaient conviés des responsables d’entreprise de presse, identifier les contraintes et les raisons de la présence marginale des femmes dans les médias. Il a été noté qu’au-delà des contraintes liées au statut (épouse, mère) de la femme, il y a aussi une méconnaissance des dispositions réglementaires sur l’égalité des genres. D’ailleurs, l’étude sur les contraintes des organes de presse pour atteindre l’équilibre et l’égalité des genres, réalisée par l’expert en communication, Gabriel Baglo, et partagée lors de cet atelier, a révélé qu’il «existe des disposions législatives, règlementaires et une Stratégie nationale sur la promotion de l’équité et l’égalité de genre au Sénégal, mais ces instruments ne sont pas bien connus et bien appliqués dans les médias». C’est donc, selon les organisateurs et participants à cette rencontre, le fort plaidoyer qu’il faut mener auprès des patrons de presse pour une présence accrue des femmes dans les médias, aussi bien dans le contenu des programmes que concernant les postes de responsabilité. Le directeur de la Communication, qui a présidé l’ouverture de cet atelier, a relevé que les femmes «sont surtout présentes dans les faits divers, les émissions de mode ou de distraction». De même, souligne Ousseynou Dieng, «leur contribution en tant qu’expertes dans le cadre de débats sur les problématiques de développement ou socio-politiques, est très rare. Aussi, dans les rédactions, elles parviennent difficilement à s’imposer et à occuper des postes stratégiques». Evidemment, analyse le directeur de la Communication : «Les médias ne sont pas les seuls responsables de cette marginalisation. La place des femmes dans la presse est aussi le reflet des inégalités que ces dernières subissent dans la société. C’est pourquoi la bataille pour les tirer de cette situation doit être multiforme et menée à plusieurs niveaux.» Le représentant du ministère de la Communication, des télécommunications et de l’économie numérique fait savoir que «notre pays, qui a ratifié plusieurs textes régionaux et internationaux sur les droits de la femme, réaffirme cet engagement dans la Constitution et dans d’autres textes législatifs et réglementaires». Dans ce cadre, il assure que «plusieurs mécanismes sont adoptés pour rendre leur application effective».
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