«Nous allons célébrer ce 1er Mai avec la Coalition des centrales syndicales. Nous comptons d’abord organiser un rassemblement à la Place de l’Obélisque, nous adresser aux travailleuses et travailleurs. Ce sera aussi une occasion pour parler au chef de l’Etat dans l’après-midi, pour décliner les doléances des travailleurs. Nous sommes dans un environnement extrêmement difficile avec la pandémie du Covid-19, la guerre en Ukraine, toutes les conséquences sur les populations en général et particulièrement les travailleurs. Il y a le renchérissement du coût de la vie, malgré les efforts du gouvernement du Sénégal : la subvention sur l’énergie, les denrées de première nécessité…, nous constatons malheureusement que sur le marché, le pouvoir d’achat des travailleurs est agressé. Ce sont des questions sur lesquelles nous essaierons de sensibiliser les autorités, mais en même temps, nous mettrons en exergue les difficultés notées dans certains secteurs, notamment celui de l’hôtellerie où les travailleurs continuent toujours de subir le diktat du patronat sur l’équivalence.
Ce sont des arrêtés qui datent de 1958, avant les indépendances, qui sont toujours appliqués et qui permettent à des patrons de faire travailler 45h des employés, pour les payer au final 40h. Cette situation est inacceptable dans le contexte que nous vivons. L’autre élément, c’est le sacrifice consenti par ces travailleurs lors de la pandémie. Dans ce secteur de l’hôtellerie, des travailleurs ont été licenciés, mais dans un accord que nous avons avec les autorités du tourisme, ils doivent bénéficier d’une priorité d’embauche. Néanmoins, à ce jour, malgré la relance des activités dans ce secteur, les patrons ignorent cela, ils sont remplacés par d’autres travailleurs qui sont dans la précarité. Ce sont des situations inacceptables. Il y a des travailleurs qui sont dans des entreprises en difficulté dont l’emploi est menacé, et il faudrait l’appui de l’Etat pour éviter à ces entreprises de sombrer.
«Des efforts ont été faits, mais ce n’est pas suffisant»
Il faut aussi noter les efforts qui ont été faits par l’Etat pour l’augmentation des salaires, mais il y a pas mal d’agents, estimés à 30 mille, qui ont été oubliés. Il faut trouver des solutions à tout cela. Il y a également les travailleurs des collectivités territoriales qui ont droit à ces augmentations, il faut donc que les mairies réagissent face aux doléances de ces derniers. Il est noté des violations des droits un peu partout, nous essaierons d’égrener tout cela devant le président de la République.
De temps en temps, nous sommes entendus, il faut le reconnaître, parce que sinon, les augmentations que vous entendez n’auraient pas lieu. Il y a des efforts qui ont été faits, mais ce n’est pas suffisant. Nous sommes écoutés et c’est grâce à l’action des syndicats que cela a été fait. Maintenant, il faut continuer. La situation est toujours difficile, il y a la nécessité d’augmenter les salaires des travailleurs du secteur privé. C’est une doléance, les travailleurs du privé broient du noir avec les conséquences de cette crise. Nous sommes en négociation avec le patronat pour augmenter le Smig et la prime de transport, et nous souhaitons que d’ici le 1er Mai, avant d’arriver devant le chef de l’Etat, nous ayons des accords là-dessus.»












