Néanmoins, cette proximité est vue par Paris comme un atout dans la préservation des positions commerciales et des bonnes relations avec les dirigeants africains. Quant à MSC, très présent dans le transport terrestre en Afrique via sa filiale Medlog et ses 650 camions, il renforce depuis plusieurs années ses actifs portuaires.
Mais si toutes les autorisations sont obtenues et que le rachat de Bolloré Africa Logistics se concrétise, MSC deviendra un mastodonte en Afrique de l’Ouest, rapporte notre correspondant à Abidjan, Pierre Pinto. En Côte d’Ivoire, Bolloré opère le premier terminal à conteneurs du port autonome d’Abidjan. Et bientôt le deuxième, en consortium avec son partenaire APM Terminals, filiale portuaire du danois Maersk.
Ce deuxième terminal, qui devrait être opérationnel d’ici quelques mois, donnera au port d’Abidjan une autre dimension lui permettant de rivaliser avec ses voisins dans la région : Téma au Ghana, où Bolloré est aussi très implanté, mais surtout Lomé ou Lagos dont le français se partage le port avec les Chinois de China Merchants Ports, les Italiens de Grimaldi, et Maersk notamment.
C’est vraiment la fin d’une époque où il y avait aussi une rente politique compte tenu de la proximité des pouvoirs africains avec les pouvoirs à Paris.
À Lomé, en reprenant les activités de Bolloré, MSC qui avait installé au Togo son hub continental, se retrouvera en situation de quasi-monopole sur le trafic de conteneurs. Toujours dans la région, MSC est aussi déjà implanté à San Pedro, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, porte de sortie des matières premières ivoiriennes et porte d’entrée pour certains pays de l’hinterland.
Au-delà des ports, MSC desservira donc également les pays enclavés de la sous-région. D’abord grâce à la Sitarail. Cette filiale de Bolloré relie par voie ferrée Abidjan à Ouagadougou via Bobo-Dioulasso. Avant le Covid-19, elle transportait 200 000 passagers et 900 000 tonnes de marchandises par an. Le groupe italo-suisse pourra aussi compter sur plusieurs ports secs : trois à Bamako et un à Kayes, au Mali, deux à Ouagadougou et un autre à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso.
RFI.FR












