Avec la mise en place de portails, la traçabilité avec le bracelet électronique, le Hajj de cette année connaît aussi des innovations majeures poussant les voyagistes privés à s’organiser pour faire face aux mutations en cours. Avec la Fédération des regroupements des acteurs du pèlerinage et de la Oumra (Fapo), ils ont posé ce dimanche le premier jalon pour un regroupement des différentes entités impliquées dans le convoyage des pèlerins.
Par Ousmane SOW – La Fédération des regroupements des acteurs du pèlerinage et de la Oumra (Fapo), qui a été portée sur les fonts baptismaux il y a quelques heures, veut rassembler les différentes organisations impliquées dans le convoyage des pèlerins vers la Mecque pour affronter les changements qu’induit son organisation. Déjà, un comité d’initiative a été mis en place par la Fapo pour faciliter les échanges et réflexions entre les acteurs publics et/ou privés qui évoluent dans ce secteur. «Nous voulons que la fédération soit un cadre pour l’ensemble des regroupements, mais notre objectif n’est pas de remplacer ou de concurrencer les organisateurs privés ou la Direction générale du pèlerinage (Dgp), mais plutôt de parler d’une seule voix en tant qu’interlocuteurs de l’Etat», expose El Hadj Mactar Diallo, l’un des responsables du comité d’initiative de la Fapo, qui devra servir d’interface entre les voyagistes privés et la Délégation générale du pèlerinage afin d’éviter une relation verticale.
Aujourd’hui, il est essentiel de faire face aux évolutions dans l’organisation du Hajj, même s’il ne connait plus de couacs ou de perturbations comme jadis avec des retards de vols, des dépassements de quotas, des problèmes de visa. Selon lui, «il est impératif de former un seul bloc contre les risques et menaces». Et aussi il y a les «modifications et restrictions toujours plus présentes du régime saoudien, la digitalisation du système et le nombre important d’entités au Sénégal». Ainsi la Fapo espère réunir les 28 grands ensembles de voyagistes privés, impliqués dans le processus, en un seul bloc pour simplifier au maximum le pèlerinage et faciliter aussi la vie des pèlerins sur le sol saoudien. «Nous espérons envoyer ensemble tous les pèlerins dans les mêmes hôtels, en même temps. Le but est de d’offrir aux Sénégalais un Hajj de qualité, assuré et simplifié afin que tous puissent se consacrer à ce pilier de l’islam», ajoute M. Diallo. Pour lui, la singularité du Sénégal est par contre une énigme. «Je veux savoir qu’est-ce que la Côte d’Ivoire, la Turquie ont de plus que nous autres ? Aujourd’hui on voit des Tunisiens, des Turcs qui viennent nous proposer des services de pèlerinage à la carte. Ce n’est pas normal», se lamente Matar Diallo.
Par ailleurs, la Fapo voit aussi grand. L’un ses objectifs à long terme est la construction de la Maison du Hajj, la création d’un établissement financier, la possibilité d’affréter des avions.
Après trois ans de restriction, le Royaume saoudien a décidé de rouvrir à toute la planète le pèlerinage. Il a accordé cette année un quota de 12 860 pèlerins au Sénégal contre moins de 5 mille l’année dernière à cause du Covid-19. En détail, 11 mille seront transportés par les voyagistes privés. Alors que la Délégation générale au pèlerinage à La Mecque va convoyer 1860 pèlerins. Cette année, le prix du package est fixé à 3 millions 950 mille francs Cfa pour les pèlerins qui seront transportés en partie par la compagnie Flynas. Et les inscriptions sont prévues entre le 11 avril et le 15 mai.











