Personne ne connait la date du démarrage de l’unité de greffe de la moelle et de Procréation médicale assistée (Pma), mais les travaux pour les abriter avancent à pas de géant. Selon le Dg, Moussa Samb Daff, les travaux sont presque achevés.
Par Abdou Latif MANSARAY – Le rêve se concrétise… Le Directeur général de l’hôpital Dalal Jamm a effectué une visite de chantier de la structure Procréation médicale assisté (Pma) pour voir l’avancement des travaux, qui sont en phase de finition. Construit sur un niveau R+5, le chantier sera bientôt livré, annonce le chef du projet. Satisfait de l’évolution des travaux, Moussa Samb Daff explique : «On a déjà vu le bâtiment devant abriter le Cte (Centre de traitement des épidémies), qui est pratiquement terminé, et nous avons visité le bâtiment qui va aussi abriter l’Unité de greffe de moelle et de Pma. Et c’est un bâtiment construit par une entreprise sénégalaise, et comme vous le constatez, nous sommes pratiquement à 98% du taux d’exécution de ce bâtiment.»
Le bâtiment, construit sur 14 m2 au cœur de l’hôpital Dalal Jamm, va étrenner son unité de greffe de moelle et de Pma dans les prochains mois. Selon le directeur de Dalal Jamm, le matériel pour la greffe de moelle est déjà sur place. Il dit : «Concernant les équipements pour la Pma, les ¾ sont disponibles. Il faut s’en féliciter et remercier le chef de l’Etat Macky Sall qui s’est engagé à faire implanter ces infrastructures au bonheur des populations. Cela va permettre aussi à nos concitoyens, même s’ils ne disposent pas de moyens de pouvoir se prendre en charge au niveau du Sénégal. Nous avons vu tous ici l’étudiant qui avait été évacué, qui avait créé un tollé, simplement parce qu’il n’y avait pas de structure de prise en charge de ces types de maladies, notamment le cancer du sang.» Il ajoute : «Aujourd’hui, avec cette unité, le Sénégal se dotera justement de cette spécialité. Et au niveau de la Pma, comme une étude l’a montré, 15% des causes de consultations gynéco concernent l’infertilité, avec ce que cela a comme conséquence dans les couples. Nous savons ce que représente l’enfant dans notre société et l’on sait que tout le monde n’a pas la chance d’avoir un enfant. Mais aujourd’hui, avec la magie de la science et de la technique, les couples, je précise bien les couples, ont la possibilité d’avoir un enfant via justement cette technique de la médecine de la reproduction à moindre coût. Je pense que c’est une avancée considérable pour le Sénégal et pour le système de santé sénégalais. Et le coût global de ce bâtiment tournerait autour d’1,300 milliard de francs Cfa.» Pour la greffe de moelle, une dizaine de lits sont prévus pour les patients (es). «Au niveau de la Pma, on n’hospitalise pas, ce sont plutôt des laboratoires et les malades sont vus en ambulatoire. Et cet hôpital bien implanté dans la banlieue a comme vocation la formation, et une salle de formation pour les étudiants est prévue pour la formation», ajoute Moussa Samb Daff.
Par ailleurs, M. Daff informe que les prix sur le traitement seront de l’ordre du social. «Ce traitement sera indexé au pouvoir d’achat des Sénégalais. En 2018, par rapport à la radiothérapie pratiquement, nous avons vu que ce n’est pas moins de 600 mille, 800 mille, jusqu’à 1 million francs Cfa dans les pays limitrophes. Les malades paient 150 mille francs Cfa. Des efforts sont en train d’être faits pour permettre aux Sénégalais d’avoir accès à ces services. Et nous demandons aussi aux personnes qui ont les moyens de payer, d’aider l’hôpital à pouvoir faire face ou d’aider les gens qui n’ont pas les moyens», déclare le directeur de Dalal Jamm. En l’absence de la greffe de moelle osseuse, beaucoup de patients atteints de cancer comme les leucémies aiguës meurent, car n’ayant pas les moyens d’une prise en charge à l’étranger. A travers ces projets, l’ambition affichée pour le Sénégal est de réduire la fracture sanitaire et de faire du Sénégal un carrefour médical de pointe, disposant de technologies de dernière génération et offrant des services de pointe comparables aux standards internationaux.
Il faut savoir que l’infertilité du couple est reconnue par l’Oms, au même titre que les autres pathologies, comme une maladie et un problème de santé publique. Elle est bien présente dans les pays en voie de développement où près de 15 à 30% des couples seraient touchés, contre 5 à 10% en Europe. La mise en place de cette unité de Pma dans le système public permettra aux couples sénégalais, légalement mariés et atteints d’infertilité, d’accéder aux techniques d’assistance médicale à la procréation.
Prise en charge des malades à Dalal Jamm : Les précisions de la cheffe du service social
Les responsables de l’hôpital Dalal Jamm, en tête le directeur de la structure hospitalière, se disent surpris par la sortie de la mère des bébés siamois. «Pourtant, c’est jeudi dernier qu’elle avait rendez-vous avec le médecin qui doit traiter les bébés. Toute la journée, nous avons essayé d’entrer en contact avec elle pour qu’elle ramène les bébés. Mais elle ne voulait pas. C’est le soir du jeudi qu’elle nous a dit qu’elle ne pouvait pas venir, prétextant qu’elle avait des invités. Alors que l’hôpital a pris en charge les bébés siamois», informe Mme Badiane Aïssatou Diémé, cheffe du service social de l’hôpital Dalal Jamm. Mme Badiane Aïssatou Diémé raconte les péripéties de son admission à l’hôpital : «Les bébés ont fait 45 jours, après qu’ils ont été référés par le Centre de santé de Keur Massar. Les parents n’avaient pas les moyens et d’un commun accord, avec le dermatologue ainsi que la gynécologue de l’hôpital, nous avons informé le directeur Moussa Samb Daff qui, à son tour, a saisi la ministre de la Santé, qui nous a donné instruction ferme de les prendre en charge à hauteur de 1,300 million de francs Cfa. Mieux, il y a l’assistante sociale, Mme Ndong, qui les appelle de temps en temps pour le suivi par rapport à leurs besoins physiologiques. La semaine dernière, elle est venue rencontrer le médecin. Et il fallait attendre 4 mois pour faire l’Irm, car c’est une radio magnétique. Avant de faire l’opération des siamois.» La cheffe du service social enchaîne : «Nous avons toujours des cas similaires, même à Thiès d’où je viens. Notre service social est là pour les malades. Les aider, les orienter, leur donner la bonne information selon les moyens dont ils disposent. On travaille avec beaucoup d’organisations et de bonnes volontés qui sont dans le pays, qui paient gratuitement les ordonnances des malades. Si nous prenons Dalal Jamm, ici nous avons pris en charge 768 cas gratuits, à des coûts élevés.»
latifmansaray@lequotidien.sn












