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Pour la prise en charge des blessés de l’accident : Le Cnts réussit une opération sang succès – Lequotidien

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Une forte mobilisation des Sénégalais a été notée au Centre national de transfusion sanguine pour donner du sang afin sauver des vies suite à l’accident survenu ce dimanche à Sikilo, à quelques kilomètres de Kaffrine.

Par Alpha SYLLA – De Kaffrine à Dakar en passant par Kaolack, un élan de solidarité s’est mis en place pour voler au secours des victimes de l’accident de Sikilo. La journée de don de sang, lancée à travers les réseaux sociaux, a connu un succès éclatant. Au Centre national de la transfusion sanguine (Cnts), situé à Fann, c’est la grosse affluence. De nombreux Sénégalais se sont mobilisés pour apporter leur soutien aux blessés de l’accident de Sikilo, à Gniby, dans le département de Kaffrine, ayant fait 39 morts et 101 blessés. C’est ainsi que le hashtag «Donner du sang pour sauver les vies» a été lancé. Il est devenu viral et vital.

Stationné devant l’entrée du bâtiment du Cnts, David est venu comme à l’accoutumée, avec ses camarades de l’association de la Jeune chambre internationale, en tant que volontaires pour donner du sang et épauler les agents du centre dans l’accueil et le bon déroulement de cette mobilisation inédite. Ils aident les volontaires à renseigner les fiches de don. «J’ai l’habitude de venir ici donner du sang. C’est un acte noble d’une importance inestimable. On est resté pour aider le centre à accueillir les donneurs afin que la collecte se passe sans aucun problème», lâche-t-il. La mobilisation a dépassé le nombre attendu par les agents du centre. Devant la banque de sang, l’on signale une pénurie de fiches de don alors que les donneurs continuent de rallier les lieux. Juste à l’entrée du bâtiment, une dame nous indique le bureau du responsable de la collecte, Youssou Ba Mar Guèye, responsable des prélèvements et de la distribution du sang au Cnts. Blouse blanche, gants, il s’active avec ses collègues dans la collecte de sang destiné aux malades mais surtout aux blessés dans l’accident routier. En ce lundi 9 janvier, ce sont des centaines de donneurs de sang qui convergent vers le Cnts. «Hier (dimanche), nous avons reçu beaucoup d’appels de personnes ou d’associations qui voulaient venir donner leur sang pour secourir les blessés et autres personnes dans le besoin. Mais comme nous ne travaillons pas le dimanche, les gens se sont mobilisés aujourd’hui lundi. Dans un premier temps, ils ont donné à Kaffrine (hier) et pratiquement 300 poches de sang ont été collectées. Aujourd’hui (hier), les prélèvements ont commencé à 8h du matin et en ce moment (16h), nous continuons à prélever et les donneurs sont toujours là. D’habitude, on prélève la journée, 70 à 80 poches, mais aujourd’hui, on est déjà à plus de 500 poches. Les gens se sont bien mobilisés pour renforcer cet élan de solidarité par rapport au drame de Kaffrine.»

«Il faut louer la patience et l’élan de solidarité des donneurs»
«C’est une mobilisation très difficile à gérer. On a dû s’adapter à la situation. Parce quelqu’un qui a l’habitude de recevoir moins de 100 personnes par jour, et un bon jour, il reçoit 500, ce n’est pas évident à gérer. Il faut louer la patience et l’esprit de solidarité des donneurs», ajoute-t-il. Devant la banque de sang du Cnts, Anta Ndiaye se campe en manipulant son téléphone, faute de place libre à l’intérieur du bâtiment. Malgré l’esprit de solidarité qu’elle a eu à honorer en faisant le déplacement, cette habitante de Medina «en a, cependant, marre de cette attente interminable» et est plus prompte à «parler de la collision des bus et ces supposés causes qu’à s’épancher sur les bons effets du don de sang». « J’ai ma fiche mais c’est pas encore daté. Donc je peux rentrer et revenir demain pour passer le don. Il y a beaucoup de monde et je ne peux plus attendre. …Ma venue ici n’est pas forcément liée à l’accident car j’ai l’habitude de fréquenter le lieu», déclare-t-elle avant d’aborder les supposées causes de l’accident qui la tiennent, visiblement, à cœur. Contrairement à Anta, la présence de Mamadou Lamine Diaby est directement liée au drame de Sikilo.

Fraîchement sortie du bloc de perfusion, il se dirige vers un couloir situé à l’arrière gauche du bâtiment où sont servis aux donneurs des mets. Pain et boisson aux mains, c’est avec nonchalance qu’il répond à nos questions. «Il n’y a aucun danger à donner son sang. Chaque année je le fais. Moi qui donne aujourd’hui mon sang, je peux en avoir besoin demain. Et spontanément, on pourra me donner le sang d’un autre. Il faut que les gens sachent que le don de sang est un acte très important, aussi bien pour les bénéficiaires que pour les donneurs», dit-il. Le responsable renchérit : «Le don de sang est un acte que chaque personne devrait inscrire dans son calendrier. Si chaque personne donne du sang, on n’aura plus ce problème dans nos hôpitaux. Car, il faut le rappeler, ce ne sont pas seulement les accidentés qui vont bénéficier de ces poches de sang. Les cancéreux, les insuffisants rénaux… en ont aussi besoin. On a des frigos, des chambres froides pour stocker le sang jusqu’à 35 jours pour satisfaire la demande…»
Stagiaire

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