Lors de sa visite à Yoff hier au lendemain de la clôture de l’Appel du Mahdi, le leader du parti Pastef a eu droit à un discours franc et empreint de conseils sages du porte-parole du khalife des Layènes. Mouhamadou Lamine Laye a demandé à Ousmane Sonko de participer à la préservation de la paix sociale.
Par Justin GOMIS – Au lendemain de la clôture du 143ème Appel des Layènes, Ousmane Sonko s’est rendu dans la cité religieuse. Il a été reçu par Mamadou Lamine Laye, le porte-parole de la famille de Limamou Laye, qui lui a dit l’importance de préserver la paix sociale : «en tant que guides religieux, nous sommes tous des avocats de la paix et de la stabilité. Nous ne sommes pas là pour une entité donnée. Nous sommes des régulateurs qui perpétuons le legs des anciens qui nous ont laissé ce pays dans une stabilité que nous voulons maintenir. Donc, nous avons le devoir d’appeler tous les acteurs politiques à travailler pour maintenir cet héritage», avance le porte-parole des Layènes.
Depuis quelques jours, c’est le discours entendu dans les couloirs de la chefferie des Layènes et des autres confréries religieuses. Pour elles, les menaces qui pèsent sur l’espace politique doivent être dégagées. Sans langue de bois, Mamadou Lamine Laye enchaîne : «C’est le Tout-Puissant qui donne le pouvoir et c’est Lui qui décide à qui Il va le confier. Le cas de Nelson Mandela est très illustratif. Il sort de prison pour devenir Président. Il faut donc que nous participions à préserver cette stabilité dans ce pays, car vous n’êtes pas des ennemis, mais juste des adversaires soucieux du rayonnement du Sénégal.» Mamadou Lamine Laye demande au leader du parti Pastef de participer à préserver cette stabilité politique. Pour lui, cette non-préservation de la paix pourrait être fatale au Sénégal dans un contexte d’importantes richesses pétrolières et gazières.
Lors de la cérémonie de clôture de la 143ème édition de l’Appel de Seydina Limamou Laye, Seydina Issa Laye Thiaw, Coordonnateur général de l’évènement, a insisté sur l’importance des Tarikha dans la préservation de la paix dans ce pays. Pour lui, «nos Tarikha sont des armes, des supports sur lesquels le pays peut s’asseoir pour travailler et réaliser quelque chose de grandiose. Les Dahira, ce sont des alternatives, parce que ce sont des cercles culturels. Ceux qui souhaitent la fin des Tarikha ne font pas partie de ceux qui s’en réclament».
Depuis quelques jours, les guides religieux s’offusquent des discours violents sur les réseaux sociaux et menaces sur la paix sociale. Lors de sa visite à Layène, Macky Sall avait soutenu devant le khalife que «l’Etat ne faillira jamais devant ses responsabilités. Nous devons respect et considération à nos guides religieux… L’Etat fera face pour le maintien de la stabilité du pays».
Aujourd’hui, le climat politique est devenu un sujet de discours pour les chefferies religieuses, inquiètes de la montée des périls.
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