Modèle régional jusqu’à il y a peu, le Sénégal, 104e, perd 31 places dans le dernier classement 2023 de Reporters sans frontières (Rsf). Mais le porte-parole du gouvernement, Abdou Karim Fofana n’est pas du même avis que Rsf. Dans un communiqué de presse, il affirme que le Sénégal respecte la liberté de presse par principe et non par souci d’un quelconque classement.
Par Ousmane SOW – Reporters sans frontières a dévoilé ce mercredi, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, son classement 2023 de la liberté de la presse dans le monde. Et sans surprise, son bilan est sombre. Selon Rsf, les conditions d’exercice du journalisme sont mauvaises dans 7 pays sur 10. Et la position du Sénégal est peu enviable puisque le pays de la Teranga dégringole de 31 places et occupe désormais la 104e place. Mais le porte-parole du gouvernement, Abdou Karim Fofana, n’est pas du même avis que Rsf. Le ministre du Commerce, de la consommation et des Pme, porte-parole du gouvernement, affirme qu’en matière de liberté de presse, le Sénégal n’a pas de leçons à recevoir ni d’un pays ni d’aucune organisation. «Le Sénégal respecte la liberté de presse par principe et non par souci d’un quelconque classement», a assuré le porte-parole du gouvernement, Abdou Karim Fofana, en réponse à ce classement 2023 de Rsf. Le ministre du Commerce précise à cet égard qu’«attraire un journaliste devant la Justice pour obtenir réparation est un droit inaliénable. S’adresser au Cored est une garantie que l’auteur de l’agression, par voie de presse, ne pourra même pas invoquer une atteinte à la liberté d’informer. Jugé par ses pairs et dénoncé publiquement par ses confrères et consœurs, jusque dans l’organe diffuseur des éléments constitutifs du délit, le fautif n’aura pas d’autre choix que de s’amender ou risquer de devoir, en cas de sanction extrême, s’éloigner du travail des journalistes». Abdou Karim Fofana a rappelé cette citation de Mame Less Camara, lors de l’installation du premier Tribunal des pairs en 2014, et que le Secrétaire général du Synpics a rappelé aussi lors de son allocution du 1er mai devant le président de la République, est la meilleure réponse à Reporters sans frontière, qui confond, volontairement, délit de presse et délit commis par voie de presse. Pour le porte-parole du gouvernement, quand le Cored capitule devant les excès de la liberté de presse, l’Etat et les citoyens ne peuvent que recourir à la Justice. «Dans aucune démocratie, la presse n’est une zone de non droit. Aux Etats-Unis et en France, comme dans toutes les démocraties, les journalistes répondent de leurs actes devant la Justice», ajoute Abdou Karim Fofana.
Liberté d’opinion
Le ministre s’est contenté de dire que le gouvernement du Sénégal est attaché à l’Etat de Droit, au respect des droits de l’Homme, à la liberté d’opinion et à la liberté de presse par principe, et pour la vitalité de sa démocratie et non par préoccupation d’un quelconque classement. Pour Abdou Karim Fofana, le gouvernement du Sénégal encourage vivement la tenue des assises de la presse qui, selon le Synpics, «ne règleront pas tout, tout de suite. Mais leur tenue est une nécessité pour marquer la volonté de notre pays de retrouver sa presse d’antan. Une presse sans connivence avec aucun des segments de notre société, une presse sans complexe et sans peur, une presse qui, en toute responsabilité, assure un pluralisme de l’information et assume sa mission de n’être qu’au service exclusif du public dans son acception la plus diverse qui soit».
Le ministre du Commerce, par ailleurs porte-parole du gouvernement, tient à affirmer qu’il est crucial que tous les acteurs de la presse retrouvent les vertus et l’éthique de la presse d’antan, et les prochaines assisses de la presse sont une excellente occasion pour repartir sur de nouvelles bases. Mais un dernier constat s’impose pour le ministre car, dit-il, si les médias internationaux choisissent d’installer leur bureau régional à Dakar ou d’y trouver refuge, «ce n’est pas seulement pour la douceur du climat de notre capitale, mais aussi et surtout pour un autre climat : celui de la liberté».












