Le Sénégal vient d’être honoré encore une fois, avec le trophée mondial de l’habitat qu’a décerné hier World/habitat à Urbasen, une Ong spécialisée dans l’aménagement du territoire et la gestion urbaine, épaulée par la Fédération sénégalaise des habitants (Fhs). Ce prix est pour la première fois attribué à une organisation au Sénégal. Aïssatou Mamadou Talla de la Fsh explique : «Ce trophée a été remporté à l’issue d’un concours regroupant des pays comme le Nicaragua, la France et d’autres pays européens. C’est un trophée qui récompense le travail fait dans le secteur de la réhabilitation de 800 habitations après les inondations, grâce à l’Ong Urbasen et la Fédération sénégalaise des habitants, et la construction envisagée de la Cité de la Fsh sur la sortie de Gorom 1 pour faciliter l’accès au logement, surtout aux femmes vivant dans la précarité.»
L’obtention de ce trophée revêt un sens double en ce qu’il permet une plus grande ouverture aux partenaires et bailleurs. En outre, le Sénégal devient par la même occasion une vitrine mondiale de l’habitat social et en même temps un Learning center pour les pays de l’Afrique de l’Ouest.
Le coordonnateur de l’Ong Urbasen se réjouit ainsi d’obtenir «le grade de fédération mature». «Le Sénégal doit recevoir le Prix mondial de l’habitat par une organisation britannique. Le Sénégal, à partir de cette année, a réussi en tout cas le passage et obtient ainsi le grade de fédération mature. Et fédération mature signifie que le Sénégal désormais va siéger au Conseil de Sdi, parce que dans le monde, nous sommes la dernière des fédérations à intégrer Sdi (Slum Dwellers international, c’est-à-dire le réseau des habitants des bidonvilles). Mais nous sommes la 5ème fédération à avoir eu un grade de fédération mature», soutient le coordonnateur de l’Ong Urbasen. Partageant l’organisation avec des pays anglophones, posant une barrière linguistique dans le cadre du travail avec ces pays, M. Keïta de souligner que l’organisation a autorisé les pays francophones à travailler en utilisant nos langues nationales. «Nous pouvons travailler en utilisant le français que nous avons en commun», fait savoir M. Keïta, qui se réjouit de la présence du patron de Sdi au niveau mondial. La mise en place d’un Conseil des fédérations d’habitants dans la zone Uemoa est l’ambition que se fixent les acteurs du secteur, qui disent avoir en commun des quartiers qu’on appelle bidonvilles, le quartier irrégulier, le quartier précaire et les Favelas. «Ce sont des problèmes que nous vivons en commun, que nous essayons de prendre en charge», soutient Pape Keïta, en soutenant que l’habitant doit être mis au cœur de sa résolution.
Par Amadou MBODJI – ambodji@lequotidien.sn












