218 milliards Cfa ! C’est ce qu’une hausse de 25 et 15% sur les prix de l’essence et du gasoil, étalée sur 10 ans, pourrait apporter au Sénégal. En plus, contrairement à ce qu’on pourrait penser, cette hausse serait une bonne nouvelle pour l’économie. C’est ce qu’explique le Bureau opérationnel de suivi du Pse dans l’Etude d’impact des mesures incitatives pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le transport routier au Sénégal.
Par Malick GAYE – 218 milliards Cfa ! C’est ce que le Sénégal pourrait gagner d’ici 2030 en termes de recettes, si le pays opte pour l’assurance carbone afin de réduire ses émissions de gaz à effet de serre dans le transport terrestre. Cette solution suppose une augmentation des prix de 25% pour l’essence et 15% pour le gasoil. Ces 218 milliards générés pourraient financer les dépenses du gouvernement ou être reversés dans le Fonds de développement des transports terrestres (Fdtt) pour renouveler le parc automobile, ou alors cette manne financière pourrait être transférée aux ménages les plus pauvres sous forme de bourse.
En attendant une décision, l’Etude d’impact des mesures incitatives pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le transport routier au Sénégal assure que «la Valeur ajoutée (Va) des entreprises s’accroîtrait globalement au cours du temps, mais de manière plus accentuée dans le long terme. Le secteur des transports terrestres n’est pas affecté négativement par la mesure de hausse des prix du carburant. Au contraire, il est noté une embellie croissante sur la période 2023-2031. Cette situation est imputable à la politique de réallocation des recettes issues de la mesure». Ainsi, selon l’étude du Bureau opérationnel de suivi du Pse (Bos), les entreprises des industries alimentaires, et dans une moindre mesure celles du secteur primaire, enregistreront une Va négative durant les quatre 4 premières années, à partir de 2023.
Toutefois, cette tendance «s’inverserait à partir de 2028, où leur situation s’améliorerait avec des taux de croissance positive de leur Va. Globalement, la Va des entreprises s’apprécierait de 0, 16 à 0, 32%». Une embellie qui va se sentir au niveau de la croissance. En effet, une hausse régulière de la croissance économique, passant de 0, 08% en moyenne annuelle sur 10 ans, sera constatée. «Cette mesure ne compromettrait donc pas la santé économique du pays, et le Pib connaîtrait une croissance régulière avec «l’option situation de base» et «renouvellement du parc». L’option «transfert de ménages» donnerait une croissance plus modérée compte tenu de son impact plus marqué que les autres options sur la hausse des prix», a conclu l’étude.
Impacts sur la demande d’essence et de gasoil
Cette augmentation entretiendrait une ruée vers le gasoil pour les industriels, car étant moins cher.
«Les produits pétroliers, notamment l’essence et le gasoil, constituent les principales sources d’énergie des véhicules, mais aussi de certaines industries.
L’augmentation du prix des carburants se traduirait par une baisse sur le long terme de la demande de consommation intermédiaire de l’essence pour les branches d’activités des transports formel (-2, 8%) et informel (-1, 6%). Dans l’option d’investissement dans le «renouvellement du parc», la demande d’essence retrouve une tendance positive à partir de la 4ème année», lit-on dans le rapport.
En revanche, la demande intermédiaire du gasoil connaîtrait une hausse importante, surtout dans le secteur informel (+10, 5%), de manière structurelle. Celle du secteur formel serait en progression de 9, 9% en moyenne annuelle dans les trois options de réallocation des recettes tirées de la hausse des prix des carburants. En somme, l’activité du transport n’est pas négativement impactée du fait de la substitution dans le long terme de l’essence par le gasoil.
Impact sur les émissions de Co2
L’effet conjoint entre la diminution de la consommation de l’essence et l’augmentation de celle du gasoil aurait un impact sur les émissions de Co2, précise le rapport de synthèse de l’étude. Dans le transport informel, les émissions connaîtront une croissance régulière de 1, 0% en moyenne par an sur la période 2023-2031 avec l’option «situation de base», 1, 3% avec «protection sociale» et 5, 0% avec celle «renouvellement du parc». Ce fait s’explique par l’augmentation de la demande de gasoil. La même tendance est observée dans les activités de transport formel.
Impact sur la santé publique
«Les résultats montrent qu’une augmentation de 1% des émissions de Co2 entraîne une hausse des décès de : «0, 22% dus aux accidents cardio-vasculaires, 0, 14% dus à la bronchopneumopathie chronique obstructive, aux Avc de 0, 075%, aux infections des voies respiratoires inférieures de 0, 141%, à la cardiopathie ischémique de 0, 184%», précise l’étude.
mgaye@lequotidien.sn












