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Racisme en Tunisie : Dakar met en place un pont aérien – Lequotidien

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Si les chefs d’Etat africains gardent le silence face aux dérapages racistes du Président tunisien, qui a repris la vieille théorie du «grand remplacement» pour s’en prendre aux migrants noirs, les sociétés civiles ont réagi fermement à ces propos racistes. Pour l’instant, les réactions officielles sont des offres d’évacuation formulées par les ambassadeurs à l’endroit de leurs ressortissants sous la menace de la rue tunisienne. Dakar a aussi décidé de mettre en place un pont aérien pour ramener à la maison ceux qui le désirent.

Par Ousmane SOW – Le Sénégal suit le rythme… très tardivement. Hier, le ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur a annoncé l’ouverture d’un pont aérien entre Dakar et Tunis comme plusieurs autres pays subsahariens, notamment la Guinée, la Côte d’Ivoire ou le Burkina. Selon le Maese, un registre pour recenser les Sénégalais qui souhaitent rentrer a été ouvert à l’ambassade pour faciliter leur rapatriement. Ce dispositif a été précédé de la mise en place d’une cellule de crise, avec des numéros accessibles à tout moment. Pour l’instant, rappelle la diplomatie sénégalaise, «aucun incident concernant un compatriote n’est à signaler à ce jour (hier)». Alors qu’elle continue de suivre près la situation de nos «concitoyens résidant en Tunisie». Dès le 26 février, il avait produit une première note pour rappeler son attachement particulier «à la sécurité et la sûreté des communautés sénégalaises partout où elles résident et en toutes circonstances». Sans plus !

Pour l’instant, il n’y a eu aucune condamnation des propos racistes et haineux du Président tunisien. Dakar, comme les autres capitales africaines, est restée aphone à ce discours xénophobe d’un chef d’Etat. Elles se contentent juste de la mise en place de ponts aériens pour rapatrier leurs ressortissants jetés à la vindicte populaire, chassés de leurs logements. Comme des malpropres. En attendant les chefs d’Etat africains, les réactions outrées des sociétés civiles et organisations de défense des droits de l’Homme se suivent.

Le mardi 21 février 2023, le Président tunisien, Kaïs Saïed, a fait une sortie qui jette en pâture les Subsahariens. Lors de la tenue du Conseil de sécurité national, il a demandé des «mesures urgentes» contre l’immigration clandestine dans son pays, qui relève d’une «entreprise criminelle ourdie à l’orée de ce siècle pour changer la composition démographique de la Tunisie», afin de la transformer en un pays «africain seulement» et estomper son caractère «arabo-musulman». Même s’il a tenté de faire un rétropédalage en précisant que «les personnes qui sont en situation légale en Tunisie» ne sont pas concernées.
Aujourd’hui, le discours de haine se répand dangereusement dans la société tunisienne. Il est porté par des partis nationalistes et des médias.

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